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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 10:32

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C'est leur sens du civisme qui a permis aux allemands de se redresser, alors que les francais ne cherchent qu'a diminuer leur temps de travail!

 
Modèle allemand: 
  
Puisque la FRANCE, prend toujours l'Allemagne en exemple et que nos hommes politiques nous parlent sans cesse du modèle allemand, 
  
QUELQUES PRÉCISIONS...

 
 
  
France
Allemagne
Gouvernement
    1 Président de la République 
+  1 Premier Ministre 
+ 25 Ministres 
+  9 Secrétaires d'état
> > TOTAL : 36
1 Chancelier(e) + 8 ministres
 
 
 
TOTAL : 9
Coût d’un ministre
17 millions  d'Euros par an
 
le soir après le" boulot"
A Paris, le 1er Ministre se détend dans son logis de fonction (310m²) à Matignon tandis que ses collègues regagnent en limousines les hôtels particuliers que la République met généreusement à leur disposition
Angela MERCKEL rentre dans son appartement, dont elle paie le loyer, les factures d'eau et d'électricité. Comme chacun de ses 8 ministres
> > 
> >
Personnel
906 personnes travaillent à la Présidence de la République
A peu près 300 personnes en Allemagne
Parc auto
Élysée : 121 véhicules
Chancellerie : 37 véhicules
Déplacements
1 « Airbus A330-200 »
2 « Falcon 7X
2 « Falcon 900 »
2 « Falcon 50
> > 3 Hélicoptères « Super Puma » etc. ...
Systématiquement en train ou sur des lignes aériennes régulières
> > 
> >
Salaire
Président de la République 
21 026 €
Angela MERKEL 
> > 15 830 €
 
Budget
l’Élysée culmine à 
113 000 000€.
Chancellerie 
36 400 000 €
 
 
On commence quand Mesdames et Messieurs  "les Politiques"?

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 19:40

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Elle est le symbole du capitalisme français et ses liens avec le pouvoir sont multiples. La journaliste Martine Orange a enquêté sur la banque d’affaires et de conseil dirigée aujourd’hui par David de Rothschild.
La banque Rothschild conseille les grandes entreprises dans leurs grandes opérations de rachat ou d’acquisition. Elle conseille aussi l’Etat dans les mouvements de capitaux.

Jouissant d’une autorité incontestée à droite comme à gauche, elle entretient des réseaux d’influence économiques et politiques avec les plus hautes sphères de la finance.

"Les gouvernements passent, les Rothschild restent" : c’est ainsi que Martine Orange caractérise la puissance de cette banque. Journaliste à Médiapart, son livre s’intitule "Rothschild, une banque au pouvoir" paru aux édtions Albin Michel.

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Rothschild : enquête sur une banque au cœur du pouvoir

 
Au lendemain du 6 mai 2012, un jeune homme de 34 ans fait son entrée à l’Élysée. Il sera plus que le conseiller économique de François Hollande. Il l’a voulu, il l’a obtenu, le voilà au cœur du pouvoir présidentiel avec le titre envié de secrétaire général adjoint de la présidence de la République. Il s’appelle Emmanuel Macron et, après un détour par la philosophie, vient directement de la banque Rothschild où il était l’un des associés-gérants les plus remarqués.
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Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a choisi son bureau : celui de François Pérol, cet ami de Nicolas Sarkozy, qui fut lui aussi secrétaire général adjoint de l’Élysée avant de prendre les commandes dans des conditions contestées du groupe Banques populaires-Caisses d’épargne. Avant l’Élysée, François Pérol venait lui aussi de faire une fortune express à la banque Rothschild.
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François Pérol et Sarkozy

Ainsi passent les hommes, les partis et les pouvoirs… et demeure la banque Rothschild. C’est l’histoire d’un pouvoir au cœur du pouvoir, à l’épicentre des influences, des affaires, des coups financiers et de la politique. 

Une histoire très française, celle du capitalisme parisien de ces trente dernières années : un capitalisme happé et transformé en profondeur par la mondialisation. 

Et qui, dans le même temps, s’est recroquevillé sur une oligarchie des élites dont les ingrédients sont le pantouflage, les conflits d’intérêts, le mélange des affaires publiques et des intérêts privés, sur fond de nomenklaturisme des grandes écoles.
 

Le blason de la famille Rothschild

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C’est cette histoire que nous raconte notre consœur Martine Orange dans son livre Rothschild, une banque au pouvoir. Pas de dénonciation indignée dans ce livre mais une froide autopsie d’une des maisons les plus secrètes de Paris. 

Et une explication méthodique de ce que sont aujourd’hui les ressorts de la fortune, des affaires et de l’influence. David de Rothschild, l’artisan obstiné du pouvoir aujourd’hui flamboyant de la banque du même nom, est un homme qui ne parle pas. Ses apparitions sont rarissimes, ses interventions publiques exceptionnelles et toujours d’une parfaite langue de bois.

Dans ce livre, il s’explique en revanche longuement, avec une étonnante liberté, et retrace dans le détail comment, reparti de zéro après la nationalisation de 1982, il a reconstruit avec l’aide de proches, Éric et Édouard de Rothschild, l’un des principaux lieux de pouvoir du pays. La banque Rothschild l’avait toujours été : Georges Pompidou, successeur de De Gaulle, n’y avait-il pas fait l’essentiel de sa carrière ?
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« C’est la tradition de la maison de se mettre à la disposition de la République », dit à Martine Orange, David de Rothschild. C’est cette imbrication que décrit notre consœur qui a pu recueillir des dizaines de témoignages et récits, à l’intérieur même de la banque, chez les poids lourds des grands groupes français et dans plusieurs cercles politiques.

Car cette enquête, si elle nous montre les coulisses du capitalisme français, nous ramène toujours à l’essentiel : la politique, le pouvoir de décider, et quelques-uns de ses principaux acteurs. L’un d’eux émerge dans cette histoire d’une banque : Édouard Balladur. 

L’ancien conseiller de Georges Pompidou joue un rôle clé dans la renaissance de la banque, aux côtés d’un autre homme, Ambroise Roux, l’influent manitou du patronat français au début des années 1980.

Balladur ne s’éloignera jamais de la banque Rothschild. Et il y introduit bien sûr ses proches : Nicolas Bazire d’abord, son directeur de cabinet en 1995 qui partira chez Rothschild avant de devenir le numéro deux de Bernard Arnault à la tête de LVMH ; Nicolas Sarkozy ensuite. 

C’est cet univers, au lendemain de la défaite des balladuriens à la présidentielle de 1995, que Martine Orange explore en détail dans le chapitre 13 de son livre. Nicolas Sarkozy avocat d’affaires y tient le premier rôle. Nous reproduisons intégralement ce chapitre dans les pages suivantes.

PAR FRANÇOIS BONNET - Mediapart

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Chapitre 13

 

Les lois de l’hospitalité

À nouveau, la maison Rothschild a tendu une main amie. Cette fois, elle n’est pas destinée à quelque banquier délaissé. Mais à des amis en détresse, abattus après la défaite de leur candidat, dès le premier tour de l’élection présidentielle de 1995. Pour la banque, cette déroute est une déception mais pas un drame. Elle est désormais une banque d’affaires reconnue. 

Elle a ses entrées, partout.

Les liens avec Jacques Chirac, même s’ils sont bien moins étroits qu’avec Edouard Balladur, existent. Le nouveau Président, lui aussi, reste imprégné de la grande tradition pompidolienne. 

Et dans ce récit fondateur, les Rothschild ont une place à part : ce sont les amis de Georges Pompidou, la banque du Président, comme on dit. Un des plus proches de Chirac, François Pinault, est un client ancien de la banque : elle l’a aidé dans sa troisième mutation, lorsque l’homme d’affaires a liquidé ses actifs industriels, à commencer par la Chapelle Darblay, pour créer un empire dans la distribution, avec la Fnac et le Printemps, en attendant le luxe. 

François Pinault a confiance dans la banque et ne manque pas de le faire savoir. Bref, ce changement politique ne constitue pas un séisme.

Mais le désappointement est là, malgré tout : « Edouard » est un ami proche, peut-être le plus proche de la famille. Il a suivi depuis le début la reconstruction de la banque, l’a aidée dès qu’il a pu. Avec David de Rothschild, ils se sont souvent entretenus ensemble. Ils se voient depuis des années à Deauville, où Balladur a une maison et où le banquier vient en voisin. Ils ont tellement échangé sur leurs visions politiques, au cours de ces quinze années. Les liens sont si serrés qu’Édouard de Rothschild l’a choisi… comme témoin de mariage.

Comme de nombreux responsables du monde des affaires, le chef de la maison attendait, espérait la victoire du premier ministre, qui semblait lui être promise depuis des mois. L’homme politique qui, depuis 1981, s’était attelé à la reconstruction idéologique de la droite, était le dirigeant qu’il fallait : il allait mettre en œuvre le vaste programme de réformes sur lequel il réfléchissait depuis des années, avec le monde des affaires. 

Enfin, la France allait abandonner ses particularismes. Elle allait se normaliser et entrer dans le grand bain de la mondialisation.

Les lendemains de l’élection présidentielle sont donc amers. D’autant que la droite chiraquienne a la victoire féroce. Les comptes se règlent avec les balladuriens, accusés d’avoir trompé et trahi l’ancien maire de Paris. Tous ceux qui, de près ou de loin, ont soutenu l’ex-premier ministre sont bannis. Les chiraquiens leur promettent les foudres de Zeus si jamais ils osent s’aventurer à nouveau sur le terrain politique.

Cette atmosphère déplaît à David de Rothschild. Les batailles à droite, au début des années 80, entre chiraquiens et giscardiens lui ont laissé un souvenir désagréable. L’histoire lui a aussi appris combien les temps changent vite : les vaincus d’aujourd’hui peuvent être les vainqueurs de demain.

La loi sur le pantouflage des hauts fonctionnaires dans le privé n’est alors qu’un simple exercice de style. C’est donc sans le moindre embarras que la banque propose à Nicolas Bazire, le plus proche collaborateur de Balladur à Matignon, de venir le rejoindre. Un service rendu à l’ancien premier ministre ? Nicolas Bazire dément avec vigueur. « Non, Edouard Balladur n’a recasé personne », réplique-t-il. Le ton est sans appel. Quinze ans après, il semble en être encore blessé.

C’est donc par ses propres moyens, affirme-t-il, qu’il a cherché à se recaser. Au lendemain du premier tour, Nicolas Bazire n’est plus rien. Pendant des mois, il a été au centre de tout. Il a été plus que le directeur de cabinet de Balladur à Matignon, en cette période de cohabitation. Alors que l’Élysée vit au rythme de la maladie de François Mitterrand, il a été une sorte de premier ministre bis, Edouard Balladur se glissant subrepticement dans les habits de chef de l’État. 

Pas un dossier, pas une décision ne s’est prise durant cette période sans que Nicolas Bazire n’ait été amené à se prononcer. Il a été les yeux, les oreilles, la parole du premier ministre auprès des ministres, de l’administration, du monde politique et économique.

Mais cet officier de Navale, devenu conseiller à la Cour des comptes, puis parachuté au sommet de l’État sans passer par les étapes intermédiaires, n’a pas le goût de revenir à la case départ. Il n’a pas la politique chevillée au corps. D’autant qu’il sait qu’il lui est promis un long purgatoire avant de refaire surface. « J’aurais pu avoir la possibilité de me présenter à un siège de député à Fécamp. J’ai hésité,puis j’ai préféré renoncer. Il faut en avoir très envie pour faire de la politique. Je n’étais pas forcément fait pour ce mode de vie », explique-t-il.

Mais il ne se voit pas non plus regagner son corps d’origine et couler des jours tranquilles dans l’administration. « Quand vous avez connu la folie de Matignon, les jours et les nuits à travailler avec une équipe de quarante personnes, à traiter de tous les grands dossiers, il faut une sorte d’abnégation que je n’avais pas pour revenir à la Cour des comptes et contrôler ce qui venait d’être fait », reconnaît-il.

Alors, il se tourne naturellement vers le privé. À défaut du pouvoir politique, il est prêt à découvrir l’autre pouvoir, celui de l’argent. « Je me suis dit qu’aller dans une banque d’affaires serait moins compliqué que d’intégrer la hiérarchie d’une entreprise », raconte-t-il aujourd’hui.

Plusieurs banques lui ont fait des propositions, Lazard en premier, intéressé par ce haut fonctionnaire si puissant, et connaissant tous les dossiers politiques et économiques du moment. « Mais je n’avais pas envie de faire comme Jean-Marie Messier[1], d’avoir un parcours parallèle au sien, explique-t-il. Et ce qu’on me disait de Lazard, de l’ambiance qui y régnait, ne m’attirait pas. » La banque Arjil, propriété de Jean-Luc Lagardère, lui fait aussi des avances. Et puis, il y a Rothschild.

Selon Nicolas Bazire, le choix de Rothschild lui vient naturellement. Il connaît Édouard depuis 1990, il a rencontré David lors de réunions du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), quand il était à Matignon. Et, étant originaire de la région, il fait lui aussi partie de l’amicale de Normandie, retrouvant tout le monde le week-end à Deauville.

Tout s’enchaîne donc très vite, même si le parcours de recrutement, imposé par la maison, est soigneusement respecté. Il y a d’abord un déjeuner avec David de Rothschild, fixé invariablement au Jockey Club comme il se doit, puis la rencontre avec les autres associés-gérants – Jean-Claude Meyer, Christian de Labriffe, Richard Thil, Gérard Worms –, suivie par l’entretien d’apparence badin mais sous l’œil exercé et vigilant d’Éric de Rothschild. Enfin la confirmation arrive : en novembre 1995, Nicolas Bazire devient, sans période probatoire, le cinquième associé-gérant de la maison. Un signe de confiance et de reconnaissance manifeste.

Nicolas Bazire est une recrue de poids pour la banque. Il connaît tout des discussions, des préoccupations du pouvoir du moment. Les interlocuteurs de poids sont passés par son bureau. 

Et, en dépit des apparences, sa prise de distance d’avec le pouvoir n’est qu’apparente. Il reste au contact de tous les bruits, les rumeurs, les projets, même s’il lui faut, dans son nouveau métier, « prendre son téléphone, plutôt que d’être sans cesse appelé », ce qui le surprend. Il est juste moins exposé.

Il découvre aussi une autre dimension, celle des affaires internationales, l’univers des grands banquiers et des mégafusions, celui où les maîtres du monde jonglent et se battent à coups de milliards avec le globe pour terrain de jeu. Soudain, l’univers de Matignon, gare de triage de tous les dossiers français du moment, les bruits de la vie politique, lui paraissent bien étriqués, bien limités. « J’ai découvert un autre monde », dit-il (1).

Très vite, un autre proche de l’ancien premier ministre commence aussi à hanter les couloirs de la banque : Nicolas Sarkozy.

D’ordinaire, le monde des affaires n’aime guère mettre en avant les coups de pouce qu’il a pu donner à un moment ou à un autre à une personnalité politique dans l’embarras. Ces petits services rendus se font dans la discrétion, et chacun s’empresse d’oublier qui a pu en prendre l’initiative. À la banque Rothschild, on ne biaise pas avec le sujet. Des années plus tard, les uns et les autres se disputent même la primauté d’avoir eu recours aux services de Nicolas Sarkozy, avocat d’affaires, pour la banque.

Nicolas Bazire est catégorique. « C’est moi qui ai fait venir Nicolas à la banque Rothschild en 1997. Je travaillais sur une cession immobilière de la Générale des eaux et j’ai fait appel à ses services à ce moment-là. » Édouard de Rothschild affine cette version : « J’étais son interlocuteur à la banque. » Mais celui-ci situe cette relation plus tard, après la défaite des élections européennes de 1999, lorsque l’allié de Philippe Séguin a abandonné la direction du RPR et parut tenté de quitter à nouveau la politique.

[1] Jean-Marie Messier a été très proche de Nicolas Bazire. Issus tous les deux de familles catholiques pratiquantes, ils ont noué des liens étroits : chacun est le parrain d’un des enfants de l’autre. 

C’est Jean-Marie Messier qui recommanda Nicolas Bazire à Edouard Balladur comme directeur de cabinet en 1993, après avoir refusé d’abandonner Lazard et prendre le poste lui-même. Mais, à l’époque, les deux amis s’entretenaient quotidiennement des affaires de la France, des grands groupes et du monde.

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Il faut aider Sarkozy

« Je l’ai retrouvé, après les élections européennes, chez Jean-Claude Darmon[1]. Il était son avocat et moi son banquier d’affaires dans le cadre de la cession de son groupe. C’est à ce moment-là que je lui ai proposé de travailler comme avocat d’affaires pour la banque », raconte-t-il. Les versions semblent contradictoires. Elles sont juste étalées dans le temps.

David de Rothschild semble plutôt se souvenir de l’aide au moment de la première traversée du désert, en 1995, quand l’homme politique, abattu par la défaite, semble prêt à raccrocher les gants. « J’ai connu Nicolas Sarkozy en Normandie chez Edouard Balladur. 

C’était assez facile de sentir qu’il y avait chez lui toutes les qualités pour faire un très bon négociateur. Est-ce que l’initiative est venue de moi ou de Nicolas Bazire ? Je ne m’en souviens plus », dit-il aujourd’hui. Lionel Zinsou, ancien associé-gérant de la banque, a une dernière version. Selon lui, Nicolas Sarkozy a commencé à travailler pour la banque dès 1995, au lendemain de la défaite de son protecteur.

Les relations entre la famille Rothschild et le maire de Neuilly sont en effet beaucoup plus anciennes que celles avouées. « Nicolas Sarkozy a eu des liens très proches avec trois banquiers, qui ont veillé sur lui tout au long de sa carrière : Jean-Marc Vernes, Antoine Bernheim et les Rothschild. 

Cela ne l’a pas empêché d’être méfiant avec l’argent, car il savait combien le sujet pouvait être politiquement dangereux. Il a néanmoins eu des relations très proches avec eux, et ceux-ci n’ont cessé de l’aider », raconte en confidence un homme qui a suivi l’ascension de l’ancien chef de l’État. « Les affaires et le pouvoir politique sont indissociables », confirmera plus tard Cécilia Attias, l’ex-épouse de Sarkozy, témoin privilégié de sa carrière.

Très proche de la famille Dassault, le banquier Jean-Marc Vernes, inamovible adjoint aux finances à Neuilly pendant plus de trente ans, est celui qui lui a permis d’emporter la mairie, au nez et à la barbe de Charles Pasqua, à la mort d’Achille Peretti en 1983. Par la suite, le très jeune maire cultivera avec assiduité le banquier qui a la haute main sur toutes les finances du RPR et l’emmène, sous sa protection et celle de la famille Dassault, à laquelle il est intimement lié, jusqu’au sommet du parti.

Antoine Bernheim, le prestigieux banquier de Lazard, lui, l’a initié aux subtilités des affaires. Il lui a présenté les gens qui comptent, lui a expliqué le dessous des cartes de bien des épisodes économiques.

 Il l’a mis au courant de toutes les affaires italiennes, allant du Vatican[2] à Mediobanca, la puissante banque italienne phare du capitalisme italien, qui sera par la suite l’objet de toutes les attentions de Vincent Bolloré, de la famille Dassault (et de la présidence de Sarkozy). Il lui a décrypté tous les mouvements parallèles, l’a introduit dans de multiples réseaux.

Les liens avec la famille Rothschild sont moins affichés mais n’en sont pas moins solides. Ils se connaissent de longue date. Fasciné par ce monde violent et intrigant de l’argent, qu’il connaît déjà bien depuis qu’il est maire de Neuilly, Nicolas Sarkozy cultive la proximité avec la famille. Au milieu des années 80, Édouard de Rothschild et lui se fréquentent beaucoup. 

Ils partagent les mêmes impatiences, ont envie de faire bouger les choses, comme aux États-Unis qui les fascinent tant, ils ont le même mépris pour les usages et le qu’en-dira-t-on. Ils deviennent si intimes qu’ils partent en vacances ensemble et se retrouvent l’été avec leur famille sur les plages de La Baule[3].

Montant très vite dans l’appareil du RPR, le futur Président n’a pas besoin de beaucoup d’explications pour comprendre le poids acquis par les jeux de pouvoir au sein du RPR et du patronat. Après l’échec du maire de Paris à l’élection présidentielle en 1988, le monde des affaires a tranché. Pour lui, Chirac est mort ! 

Il convient de choisir un autre candidat, plus à même d’incarner ses idées et de gagner. Ce candidat est tout trouvé : c’est Balladur, bien sûr. Nicolas Sarkozy se met dans la roue du premier ministre, dès sa nomination. Et tout ce petit monde se retrouve – à Deauville ! – pour parler, échanger, tracer des plans sur la comète. Lorsque David vient en voisin – il est toujours maire de Pont-l’Évêque – rendre visite à son ami Balladur, Nicolas n’est jamais loin. 

D’autant que Thierry Gaubert, responsable de la communication à la mairie de Neuilly, s’est lui aussi installé dans les environs.

Au lendemain de l’échec de 1995, les milieux économiques se préoccupent beaucoup du sort réservé à l’ancien ministre du budget, sur lequel ils ont déjà beaucoup investi. Quelques mois ont suffi à Sarkozy pour s’installer comme le numéro deux du gouvernement Balladur. Il avait aussi un bureau à Matignon, où il préparait l’élection présidentielle, au côté d’Edouard (Balladur) et de Nicolas (Bazire). Accusé de haute trahison par les chiraquiens, banni par Chirac lui-même qui lui interdit l’accès à l’Élysée, Sarkozy, au lendemain de la défaite, s’interroge sur son avenir. 

Contrairement à ce qu’il affirmera plus tard, l’homme ne supporte pas les hauts et les bas de la politique… Alors que sa route semble barrée, il a envie de raccrocher de la politique, d’entamer une nouvelle carrière, de devenir banquier d’affaires pour « faire de l’argent ».

Il s’ouvre de son projet à plusieurs personnes. « Quand il m’a parlé de devenir banquier d’affaires, je le lui ai déconseillé. Il n’était pas fait pour ce métier. Je lui ai dit que sa voie, c’était la politique. La France avait besoin d’hommes comme lui. Il lui fallait faire preuve de patience. Un jour, tu seras à l’Élysée, lui ai-je prédit », nous racontera Antoine Bernheim. 

Le très influent et très discret homme d’affaires canadien Paul Desmarais, dirigeant du très secret groupe Power Corp., lui tiendra le même discours, lorsqu’il ira le voir dans sa propriété de Sagard, au Canada, à l’été 1995. Son destin, selon l’associé du financier belge Albert Frère[4], était tout tracé : il devait s’accrocher à sa carrière politique, les plus grands espoirs lui étaient permis. « On m’a présenté cet homme politique encore tout jeune et j’ai trouvé en lui une énergie formidable et une force de conviction telle que je me suis dit : c’est quelqu’un qui serait bien pour la France », expliquera le Canadien plus tard.

Quelqu’un de bien pour la France. Beaucoup en sont déjà convaincus. D’autant qu’ils considèrent que Balladur ne pourra plus se représenter. Pour eux, son échec est plus lié à sa personne qu’à son projet politique : 

les Français n’aiment pas son personnage compassé, cette caricature de marquis emperruqué en chaise à porteurs dont il n’a jamais pu se débarrasser. Il faut donc passer à un autre candidat, qui ne fera pas peur aux Français mais qui sera capable de porter le programme que le monde des affaires attend. Et ce candidat, ce peut être Nicolas ! Il est jeune, certes. Mais il a les capacités. En attendant, il faut l’aider.

Une société discrète de secours mutuel se met en marche pour le soutenir. Amer après avoir perdu, en 2010, la présidence de l’assureur italien Generali à 85 ans, Antoine Bernheim s’en prend à ceux dont il estime qu’ils l’ont trahi dans ce dernier combat, Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy notamment, et il vend la mèche : 

« Quand je pense à ce que j’ai dépensé pour l’aider », nous confiait-il alors. Il répétera ses confidences désabusées dans un livre de Mémoires : « Sarkozy m’a mangé dans la main pendant vingt ans. Il a toujours eu des problèmes avec l’argent. Il oublie que j’arrose son cabinet d’avocats depuis vingt ans. Puisque je suis foutu à la porte de Generali, j’arrête[5] », lance-t-il alors, furieux.

« Antoine Bernheim a beaucoup aidé Nicolas Sarkozy. Il a joué de son entregent pour lui trouver des financements, l’a fait avocat de Generali, a amené des clients à son cabinet d’avocat d’affaires. Mais lui a-t-il consacré des fortunes ? C’est une autre histoire. 

C’est un homme avare. Dès qu’il dépense la moindre somme, il a l’impression d’être ruiné », s’amuse un banquier qui le connaît bien. Pas faux. L’ancien associé-gérant de Lazard, qui, à la veille de son décès, avait constitué une fortune estimée entre 600 millions et 1 milliard d’euros entre ses activités de banquier, d’assureur et immobilières,
[1] Jean-Claude Darmon, frère du comédien Gérard Darmon, est un intermédiaire très influent dans le monde du sport. Il est un des rouages français du sport business, devenu dominant à partir des années 90, suivant l’exemple britannique notamment. 

Très lié au monde de la formule 1, dominé par le britannique Bernie Ecclestone, il a été aussi un personnage phare du monde du football. Ayant noué des relations très proches avec la chaîne Canal+, qui s’est fait une spécialité dans le sport, il a notamment été à l’origine de contrats dits d’« images » entre les principaux clubs de football français et la chaîne de télévision, en contradiction avec la loi française qui stipulait une totale égalité entre les clubs, et un partage entre les plus riches et les plus pauvres, entre le sport professionnel et les milieux amateurs.

[2] Le Vatican, alors sous la direction du pape Jean-Paul II, a fait appel au banquier Antoine Bernheim, homme influent de Mediobanca – la banque qui verrouille le capitalisme italien – pour remettre de l’ordre dans ses finances, après les scandales de l’IOR (l’Institut pour les œuvres de la religion). La banque du Vatican, comme on l’appelle, était dirigée alors par l’Américain Paul Marcinkus. 

Ce dernier se trouvait mêlé à la faillite du Banco Ambrosiano. Le dirigeant de cette dernière banque, Roberto Calvi, fut retrouvé pendu sous un pont de Londres. La conduite discrète et efficace de cette mission de remise en ordre valut à Antoine Bernheim la reconnaissance des milieux politiques et économiques italiens et sa nomination, pendant des années, à la présidence du groupe d’assurances Generali, pivot du monde des affaires italien.
[3] Stéphane Denis, Le Roman de l’argent, Albin Michel, 1988.

[4] Albert Frère et Paul Desmarais se sont rencontrés par l’intermédiaire de Gérard Eskenazi. Le directeur de Paribas est alors en train d’organiser l’exfiltration de certaines filiales, afin qu’elles échappent à la nationalisation de 1981. Les deux financiers acceptèrent de lui prêter main-forte et en devinrent les grands bénéficiaires, récupérant à leur profit les filiales belge et suisse de Paribas. Depuis, ils ne se sont pas séparés et sont associés dans l’essentiel de leurs affaires.
[5] Pierre de Gasquet, Antoine Bernheim, le parrain du capitalisme français, Grasset, 2011.

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Édouard reprend en direct la relation avec Nicolas Sarkozy
n’hésitait pas à se plaindre souvent de son sort misérable, laissant croire à ses interlocuteurs qu’il était quasiment réduit à la mendicité. Nicolas Sarkozy lui-même s’en moqua. « Arrête de te plaindre ! 

J’ai été ministre du budget, je connais quand même l’état de ta fortune », lui rétorque-t-il, le jour où il lui remet la grand-croix de la Légion d’honneur.

Antoine Berheim l’a aidé, mais d’autres aussi. Beaucoup y vont de leur obole pour le soutenir. Nicolas Sarkozy étant avocat d’affaires, les soutiens peuvent se monter facilement. On lui confie soit des dossiers rapides mais très rémunérateurs, soit des affaires compliquées qu’il faut démêler avec doigté et discrétion.
L’ancien ministre de Balladur n’a jamais plaidé devant des juges. En revanche, il est un adepte des discussions en coulisse, des compromis ou des attaques discrètes. Ce qui lui permet d’entrer encore plus avant dans les grands et petits secrets du monde des affaires, qui n’aime guère que les différends se jugent sur la place publique. C’est ainsi que la famille Dassault fait appel à lui, bien que sa spécialité soit d’abord l’immobilier, pour préparer le règlement discret de la succession de Serge Dassault. Depuis, le cabinet a toujours gardé sa clientèle.

La banque Rothschild, comme tant d’autres, décide donc de faire appel à ses services. Une banque d’affaires a recours à pléthore d’avocats, certains très spécialisés, d’autres pour des missions discrètes. Nicolas Sarkozy a besoin de travailler pour faire tourner son cabinet. Donc, quoi de plus naturel que de faire appel à lui sur des sujets sensibles ?

Le dossier de l’immobilier de la Générale des eaux, pour lequel Nicolas Bazire recourt à lui, est un de ceux-là. Le groupe privé – à la tête d’un empire dans l’eau, les déchets, l’immobilier, les médias – est en faillite. Jean-Marie Messier a été parachuté en urgence à la présidence de la Générale des eaux en remplacement de Guy Dejouany, sur la pression personnelle d’Ambroise Roux. Il a pour première mission de cacher cette situation et d’éviter l’écroulement. 

Que le Crédit lyonnais, banque publique, fasse faillite, c’est une chose ! Que la Générale des eaux, alors deuxième groupe privé, dépose le bilan, en est une autre ! La mauvaise gestion, en ces temps de démonstration idéologique, ne peut être qu’étatique.

Dans le désastre qui menace, l’immobilier est le premier sujet de préoccupation : une folie d’expansion et de grandeur a entraîné cette branche dans des projets et des paris tous azimuts. Il y en a au moins pour 30 milliards de francs d’engagements, sans parler des promesses cachées. L’explosion de la bulle immobilière a mis à bas de dangereux montages, qui peuvent emporter par le fond l’ensemble de ce monstre tentaculaire.

À peine arrivé à la Générale des eaux, Jean-Marie Messier a appelé un ami, Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn quand il était au ministère de l’industrie, pour l’aider. Il lui confie la direction de la CGIS, filiale immobilière créée pour isoler les dossiers immobiliers du reste, notamment ceux de La Défense qu’il faut désamorcer : 

la Générale des eaux – qui a profité de la faillite de Christian Pellerin, le bâtisseur du quartier des affaires parisien, pour prendre le contrôle de sa société – se retrouve à la tête de plus 300 000 mètres carrés, soit, au bas mot, un tiers environ de La Défense à l’époque[1].

Pour l’aider à déminer cette bombe, Stéphane Richard fait appel à de multiples expertises. Et c’est tout aussi naturellement qu’il pense, avec Jean-Marie Messier, à confier les contentieux de La Défense à leur ami. N’est-il pas spécialiste de l’immobilier ? 

À partir de 1996, celui-ci devient donc l’avocat en titre de la CGIS sur ce dossier. Un an plus tard, il devient aussi l’avocat de la banque Rothschild pour le même dossier. Même si la banque travaille pour la CGIS, il est un peu compliqué d’avoir le même avocat, surtout sur un dossier aussi lourd. 

Là où tout se complique, c’est que Nicolas Sarkozy, tout en étant avocat d’affaires pendant sa traversée du désert, est toujours, à l’époque, maire de Neuilly, partie prenante à l’avenir du quartier d’affaires. Il est aussi, à cette date, redevenu secrétaire général du RPR. Heureux hasard, c’est un ami, Charles Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux et cacique du RPR, qui est président de l’EPAD, l’établissement public de La Défense. 

Une entité importante aux yeux de Nicolas Sarkozy, puisque, après en avoir pris la présidence de 2005 à 2007, il a voulu la confier en 2008 à son fils Jean, avec le succès que l’on sait.

En un mot, le mélange des genres est total. Par le jeu des mandats politiques et d’affaires, Nicolas Sarkozy se retrouve de tous les côtés à la fois pour gérer le quartier qui compte près de la moitié des sièges des grands groupes français, le dossier le plus important des Hauts-de-Seine, celui qui assure au département un budget équivalent au PIB de la Grèce à l’époque.

Dans le milieu parisien, personne ne s’émeut d’une telle situation. À aucun moment, la banque Rothschild, pourtant habituellement si prudente, ne semble s’être posé la question de l’impossibilité de lui confier un tel dossier. 

D’autres considérations ont dû prévaloir.

D’une certaine façon, la sortie de ce dossier a été gérée comme le monde des affaires le souhaitait : dans la plus totale discrétion et pour le plus grand bénéfice de certains. Des tours entières ont été vendues à des investisseurs étrangers, banques, assurances ou fonds de pension, avec profit mutuel. La Générale des eaux a évité la faillite immobilière, en attendant la suivante avec Vivendi. 

La CGIS, devenue Nexity, s’est transformée en un groupe très prospère, et ses dirigeants, dont Stéphane Richard, sont devenus des hommes riches, comme l’en félicitera Nicolas Sarkozy en lui remettant la Légion d’honneur en 2008, alors qu’il est devenu entre-temps directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy (avant de devenir président de France Telecom).

Le maire de Neuilly a tiré aussi quelque profit sur ce dossier. Cela lui a permis de comprendre tous les ressorts du système Pasqua dans les Hauts-de-Seine, de le démonter et de le récupérer pour son profit politique. En 2004, il deviendra président du Conseil général, succédant à… son mentor. Mais à cette date, il est déjà aspiré par les vents ascendants du pouvoir.

« Durant toute cette période, Nicolas Bazire a été la cheville ouvrière entre Sarkozy et la banque Rothschild. Ce rôle lui revenait naturellement. À Matignon, ils avaient formé un duo qui, depuis, ne s’est jamais défait. Il savent tout l’un de l’autre », explique notre témoin, placé aux premières loges. Mais en 1998, Nicolas Bazire quitte la banque. 

Bernard Arnault, le président de LVMH, qui l’a pris comme conseil dès son arrivée chez Rothschild, lui a fait une proposition qui ne se refuse pas. « Vous n’allez pas rester banquier toute votre vie. Venez chez moi », lui a proposé Arnault. Nicolas Bazire ne peut résister aux sirènes du milliardaire : en lui offrant de devenir numéro deux du groupe de luxe, il lui propose tout, l’argent, le luxe, le pouvoir suprême.

« Le pire moment a été quand je suis allé voir David de Rothschild pour lui annoncer mon départ. Cela a été très difficile. Mais il a été comme toujours d’une exquise urbanité », se souvient Bazire. « Si vous pensez que vous devez le faire, faites-le », lui répond David de Rothschild, chiffonné par ce départ. Le chef de la maison n’aime décidément pas qu’on le quitte.

« Cela a été une erreur de recrutement », soutient aujourd’hui Gérard Worms. David ne dira jamais cela, même s’il peut éprouver le regret d’avoir été abandonné par un homme en qui il avait placé beaucoup d’espoirs, au point de lui accorder nombre de dispenses par rapport aux règles de la maison. 

Reconnaissant, Nicolas Bazire, comme directeur général de LVMH, confiera de nombreux mandats du groupe à la banque. Édouard de Rothschild, resté très proche, le nommera en retour au conseil stratégique, aux côtés d’Alain Minc et de Jean-Charles Naouri.

Bazire parti, c’est Édouard qui reprend en direct la relation avec Nicolas Sarkozy. Ce dernier a replongé alors dans la politique en redevenant secrétaire général du RPR et en laissant de côté, sauf circonstances exceptionnelles, sa robe d’avocat. Les deux amis, qui ne se sont jamais perdus de vue, entretiennent des relations libres. 

Quand il a commencé à revenir en politique, Édouard a usé de son entregent pour lui faire rencontrer de nouvelles personnalités, l’introduire dans de nouveaux réseaux. Il lui a présenté Minc, qu’il ne connaissait pas. Il l’a rabiboché avec Ernest-Antoine Seillière, alors président du Medef, avec lequel Nicolas Sarkozy était en mauvais termes.

Mais après la défaite des européennes de 1999, l’espoir de la droite est à nouveau tenté de renoncer à la politique. Il a abandonné toute fonction au sein du RPR. Il n’est plus que maire de Neuilly et parle une fois de plus de commencer une nouvelle vie. Il faut à nouveau monter un comité de soutien ! La banque Rothschild lui tend la main et sollicite son cabinet. 

Édouard de Rothschild l’associe notamment à des affaires qui les passionnent particulièrement l’un et l’autre : les médias. Ils discuteront ensemble de tous les dossiers de fusion, de rachat qui agitent la presse et l’audiovisuel à cette époque-là. Mais dans le plus grand secret.

[1] À la suite d’une plainte, déposée en 2004, par deux fonds de pension allemands, acquéreurs de tours ayant appartenu à la CGIS, une enquête judiciaire révélera l’existence de 45 000 mètres carrés supplémentaires construits illégalement dans le quartier.

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« Le secret de Rothschild, c’est le secret »

Quelle a été l’ampleur de l’aide de la banque à Nicolas Sarkozy pendant toute cette période ? « Très limitée. La banque lui payait des honoraires normaux d’avocat », assure David de Rothschild, qui refuse d’en dire plus. Comme le feront Antoine Bernheim, la famille Dassault, Bernard Arnault, le groupe Bouygues, Jean-Marie Messier, Albert Frère, Paul Desmarais, le publicitaire Gilbert Gross, Jean-Claude Darmon et tant d’autres.

David et Édouard se tiendront toujours en retrait, refusant tout affichage de cette aide passée. On ne les verra pas le 6 mai 2007 à la soirée du Fouquet’s, alors que tous ceux qui l’ont soutenu durant ces longues années se pressent pour fêter la victoire de leur candidat. Par la suite, nombre de ceux qui l’ont aidé dans sa traversée du désert auront droit à leur récompense, avec chaque fois de vibrants remerciements. Antoine Bernheim sera fait grand-croix de la 

Légion d’honneur dès le 13 juillet 2007, Nicolas Sarkozy rappelant qu’il lui devait tout. Paul Desmarais et Albert Frère le seront l’année suivante, et le chef de l’État rappellera de nouveau ce qu’il doit au premier. Bernard Arnault sera promu grand officier en 2011. Et une nouvelle fois, le Président lui rendra hommage pour son soutien dans les temps difficiles.

Mais sur la liste des promus de la Légion d’honneur, décoration très prisée de ce quinquennat, ne figurent ni David ni Édouard de Rothschild. Une longue fréquentation du pouvoir, dispensée par la mémoire familiale, leur a enseigné combien la recherche des distinctions du moment, l’étalage pouvaient devenir un jour préjudiciables. 

L’association au grand jour de la finance et de la politique finit par ne jamais faire bon ménage. La banque Rothschild, qui a payé par le passé pour de telles erreurs, n’est pas près de les réitérer.

Et puis, le métier de banquier d’affaires s’accommode mal des feux de la rampe. « Le secret de Rothschild, c’est le secret », dit David, reprenant à son compte la formule d’André Meyer, banquier de génie de Lazard, après guerre. 

La magie du nom, de la réussite de la maison tient aussi à cela. Mais pour continuer à opérer, elle doit se tenir dans une certaine pénombre, nimbée de mystère et de brouillard. Une lumière trop crue en dissiperait tous les effets.

Rothschild, une banque au pouvoir Par Martine Orange. Parution septembre 2012. Albin Michel. 368 pages. 20 euros
Mediapart

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 14:08

Madame Le Pen,

Aujourd’hui, vous avez annoncé vouloir interdire certains vêtements dans la rue. Dans votre viseur, le voile et la kippa dont le port dans l’espace public serait, selon vous, attentatoire au principe de laïcité. Je pourrais vous demander pourquoi vous incriminez ces deux signes-là tout en épargnant les tenues de nonne. Je pourrais aussi vous demander pourquoi les laïcards de 1905 n’avaient pas interdit aux curés de déambuler en soutane hors de leurs églises. 

Mais cela n’irait pas bien loin. Vous me feriez valoir que la France est chrétienne depuis deux mille ans et qu’une exception était donc légitime par antériorité. Je serais convaincu par l’antériorité et beaucoup plus réservé sur la légitimité que celle-ci entraîne et le débat s’arrêterait là, n’ayant pas avancé d’un pouce.

Certes, les pouvoirs publics interdisent déjà le port de certaines tenues dans l’espace public. Vous avez fait notamment valoir qu’il était interdit de se promener nu dans la rue. J’ajouterai moi-même que de nombreuses communes balnéaires interdisent par arrêté de se promener en maillot de bain dans certaines rues commerçantes. 

La rue, en effet, ce n’est pas la plage. Le juge administratif n’a, pour l’heure, pas trouvé ces actes administratifs liberticides. De même, le législateur a récemment interdit de dissimuler son visage dans l’espace public, ce qui incluait le fameux voile intégral. Là encore, pour des raisons de sécurité et d’ordre public, on peut comprendre que les pouvoirs publics aient dû instaurer une telle norme.

Ambitieux que je suis, je ne crains pas d’entrer sur votre terrain identitaire ou civilisationnel et d’y marquer un point décisif. « Chez nous », Madame Le Pen, on ne dissimule pas son visage. « Chez nous », on ne se promène pas dans la rue à poil, ou presque. Mais, « chez nous », on a le droit de porter tout type de vêtement en dehors de ces deux tenues-là. Même religieux. 

Et la loi de 1905, séparant les églises de l’Etat n’y a rien changé. On ne voit pas en quoi un voile, permettant de voir le sourire et le regard de la dame qui le porte, attente à notre décence commune. Quant à la kippa, puisque vous la citez aussi – il faut bien respecter les équilibres au sein du bureau politique du FN -, elle n’est pas plus attentatoire à notre socle civilisationnel que les papillottes, si d’aventure vous décidiez de vouloir aussi réglementer les salons de coiffure.

J’en viens à mon cas personnel. J’ai un aveu à vous faire, Madame Le Pen. J’ai moi-même une religion que vous pourriez souhaiter bouter hors de l’espace public. Ma religion à moi – pauvre mécréant que je suis – c’est le FC Sochaux-Montbéliard. Il s’agit d’une religion fort mal classée actuellement mais ce n’est pas la question. Il m’est arrivé, afin de montrer à mes semblables parcourant l’espace public combien j’étais croyant, de porter le maillot jaune et bleu de ce club, surtout l’été en vacances. Si vous étiez logique, vous me l’interdiriez aussi. 

Car ma religion porte parfois à l’intégrisme. Figurez-vous que, parfois, je me laisse aller à douter de l’honnêteté de tel arbitre et d’être une mauvaise foi ayatollesque sur un hors-jeu non sifflé. Figurez-vous que la vue d’un maillot marseillais ou parisien aux abords de ma cathédrale, le Stade Bonal, me rend irritable voire même discourtois les soirs de défaite. 

Certes, je ne participe à nulle bagarre contre les supporteurs adverses ni ne caillasse les bus du PSG et de l’OM, mais ma susceptibilité religieuse peut parfois être chatouilleuse, surtout quand on est classé dix-neuvième.

Il serait donc cohérent de m’interdire de porter ce vêtement ostentatoire dans l’espace public. Ce qui m’éviterait d’ailleurs de ressembler à l’un des personnages de Camping et empêcherait mes enfants de prendre leur père pour un beauf parfait. 

Pendant que vous y êtes, vous devriez aussi vous occuper des bikers fans de Johnny Hallyday qui font pas mal dans l’ostentatoire. Ils parlent de leur héros comme d’un Dieu, ce n’est pas très sain.

Madame Le Pen, votre argumentation soutenant que l’interdiction d’un vêtement à connotation religieuse pourrait être interdite dans l’espace public sous prétexte de laïcité ne tient pas, ainsi que je viens de le prouver. 

Votre intention était de faire le buzz, ce que vous avez d’ailleurs fort bien réussi. Ce qui prouve que, comme Jean-François Copé, Bernard-Henri Lévy ou Olivier Besancenot, vous avez bien compris notre époque. 

Ce qui prouve que vous pourriez tout aussi bien demain présenter une émission de « relooking » sur M6 que présider un parti politique. Ce qui ne prouve pas forcément que vous ayez l’étoffe d’une femme d’Etat.

http://www.causeur.fr/lettre-a-marine-le-pen-candidate-a-la-presidence-du-conseil-vestimentaire-de-la-republique,19198# 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 18:56
68% des Français, en particulier les plus âgés et les artisans et commerçants, portent un regard pessimiste sur l'avenir du pays, un degré de défiance jamais atteint quelques semaines après une élection présidentielle.


Le moral des Français est en berne. Il n'a même jamais été aussi bas après une élection présidentielle. 68% d'entre eux se disent pessimistes pour leur avenir, malgré l'alternance politique, selon un sondage Ifop réalisé pour Dimanche Ouest France

Ce chiffre approche le pic historique de pessimisme mesuré par l'institut en août 2005 (70%), dans le cadre de cette vague d'enquête créée en 1995. 

"C'est également la première fois que l'inquiétude est aussi vive en début de mandat présidentiel: en août 2002 et août 2007, après la réélection de Jacques Chirac et l'élection de Nicolas Sarkozy, respectivement 34% et 50% des Français se disaient inquiets pour eux et leurs enfants", relève l'Ifop. 

Lors de la précédente vague, début janvier, 65% des sondés se disaient pessimistes pour leur avenir et celui de leurs enfants. Ils étaient 66% il y a un an. Le pessimisme n'épargne pas les sympathisants du PS, avec 58% d'idées noires. 

Si le pessimisme prime dans toutes les catégories de population interrogées, il touche prioritairement les Français âgés de 65 ans et plus (74%), les artisans et commerçants (70%) et les inactifs (72%). L'optimisme a en revanche, "sensiblement" cru auprès des ouvriers (33%, +4 points depuis janvier). 

A l'instar des trois vagues d'enquête précédentes, la confiance accordée par les Français au nouveau gouvernement apparaît minoritaire, sauf pour la protection de l'environnement (50%, +7 points). 

Quelque 45% des personnes interrogées font confiance au gouvernement concernant l'intégration des personnes issues de l'immigration (+17), 42% pour la lutte contre l'insécurité (-1) et 42% également pour la lutte contre la pauvreté et l'exclusion (+21). 

 Sondage réalisé les 30 et 31 août par téléphone auprès d'un "échantillon de 1004 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus", selon la méthode des quotas. 

 http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-moral-des-francais-au-plus-bas_1155414.html?xtor=EPR-181-[XPR_Quotidienne]-20120901--151652842@213578608-20120901145240
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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 13:08


L’antisionisme s’invite au Festival d’Avignon 2012
Le Festival d’Avignon est une association à but non lucratif régie par la loi 1901, subventionnée par l’État (Ministère de la Culture et de la Communication), la Ville d’Avignon, la Communauté d’Agglomération du Grand Avignon, le Département de Vaucluse, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le programme culture de l’Union européenne.


Il bénéficie d’un budget de 12 millions d’euros pour l’année 2011, dont les dépenses se répartissent environ à un tiers pour l’achat des spectacles et les coproductions, un tiers pour l’aménagement et le fonctionnement des différents lieux de spectacles, un tiers pour le fonctionnement et la communication.
 Ses ressources proviennent pour 55% de subventions publiques (54% de l’État, 24% de la Ville d’Avignon, 9,5 % du Département de Vaucluse, 8 % de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, 3,5 % de la Communauté d’Agglomération du Grand Avignon et 1,5 % de l’Union européenne ) et de 45 % de recettes propres (vente de billets, mécénat, sociétés civiles, partenariats spécifiques, vente de spectacles...).


Il est présidé par Louis Schweitzer, son conseil d’administration réunit des représentants de l’État (Georges-François Hirsch, directeur général de la création artistique, François Burdeyron, préfet de Vaucluse et Denis Louche, directeur des affaires culturelles de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur), des collectivités territoriales (Ville d’Avignon : Marie-Josée Roig, député-maire, Michel Bissière, adjoint au maire délégué au spectacle vivant et Jacques Montaignac, directeur général des affaires culturelles / Conseil général de Vaucluse : Michel Tamisier, président à la Commision des affaires culturelles / Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur : Cécile Helle, vice-présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et des personnalités qualifiées (Laure Adler, Christiane Bourbonnaud, Gérard Vantaggioli, Pierre-Hubert Menard, Denis Podalydès et Jean-Pierre Vincent).


c’est justement cette manifestation qui fait dans l’antisémitisme, via un antisionisme de façade qu’un témoin nous décrit. Voilà donc son témoignage.
Monsieur Hollande, Monsieur Valls, messieurs les braves dirigeants communautaires, continuez à vous congratuler pour votre lutte contre l’antisémitisme, alors que celui-ci est subventionné par l’État.


Vichy ce n’était pas, il y a 70 ans, puisqu’en 2012, c’est en France que l’on dénie aux Juifs le droit d’avoir leur État, et de vivre sur leur ancestrale, en les traitant de colons.


Le plus horrible dans cette affaire, c’est que ces aveugles en juillet 2012, alors que les bouchers arabes tuent et égorgent tous les jours que D.ieu fait et peuvent dormir tranquilles, n’ont qu’une obsession l’État Juif, qui lui doit subir les attaques venues de toute part sans avoir le droit de se défendre, car toute velléité de survie est pour eux un acte disproportionné.
Moshé COHEN SABBAN - JFORUM.Fr
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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 14:34
<strong>Charles de Gaulle, la tradition en couleur</strong> - Comme ses prédécesseurs Vincent Auriol et René Coty, Charles de Gaulle pose en 1959 en habit, mais en habit d'officier général rappelant son appartenance à l'armée blindée. Le photographe Jean-Marie Marcel se souvient de son peu de goût pour le rôle du modèle. Il lui demanda de regarder au loin, comme dans les peintures classiques où les personnages se tournent vers l'avenir. 

Charles de Gaulle, la tradition en couleur - Comme ses prédécesseurs Vincent Auriol et René Coty, Charles de Gaulle pose en 1959 en habit, mais en habit d'officier général rappelant son appartenance à l'armée blindée. Le photographe Jean-Marie Marcel se souvient de son peu de goût pour le rôle du modèle. Il lui demanda de regarder au loin, comme dans les peintures classiques où les personnages se tournent vers l'avenir.


<strong>Georges Pompidou, en habit solennel -</strong> C'est François Pagès, de Paris Match, qui signe le portrait du président Pompidou en 1969. Le charme de cet helléniste distingué est gommé au profit d'une posture qui répond à celle de de Gaulle. Comme lui, il a choisi le cadre de la bibliothèque de l'Élysée. Point n'est besoin à cet ancien professeur de lettres classiques d'ouvrir un livre pour prouver sa culture. Ses sourcils broussailleux, qui fermaient son regard dans le portrait en noir et blanc du studio Harcourt, sont adoucis par la couleur. Il ne sourit pas encore, comme dans la célèbre photo prise à un meeting de l'UDR à La Baule où il pince sa cigarette en play-boy. 

Georges Pompidou, en habit solennel - C'est François Pagès, de Paris Match, qui signe le portrait du président Pompidou en 1969. Le charme de cet helléniste distingué est gommé au profit d'une posture qui répond à celle de de Gaulle. Comme lui, il a choisi le cadre de la bibliothèque de l'Élysée. Point n'est besoin à cet ancien professeur de lettres classiques d'ouvrir un livre pour prouver sa culture. Ses sourcils broussailleux, qui fermaient son regard dans le portrait en noir et blanc du studio Harcourt, sont adoucis par la couleur. Il ne sourit pas encore, comme dans la célèbre photo prise à un meeting de l'UDR à La Baule où il pince sa cigarette en play-boy.


<strong>Giscard d'Estaing, le vent moderne</strong> - Le plus jeune des présidents de la République française (47 ans) choisit le plus ancien des photographes, Jacques-Henri Lartigue, en 1974. «Nous sommes en train de bavarder avec Agnès Gouvion Saint-Cyr quand le téléphone sonne (...) Le président? Quel président?», raconte Lartigue dans son Journal. Il croit à une blague, puis se dit peu désireux de jouer les portraitistes de cour, tarde enfin à accepter. Justement, VGE veut sortir du cadre avec cet artiste du mouvement, de la légèreté et de la vie heureuse. Lartigue fait poser le président devant le drapeau tricolore, sous le souffle du vent qui donne un rien de flou au fond. Le sourire n'est pas loin. Le président, ainsi recadré, est éclatant de modernité. 

Giscard d'Estaing, le vent moderne - Le plus jeune des présidents de la République française (47 ans) choisit le plus ancien des photographes, Jacques-Henri Lartigue, en 1974. «Nous sommes en train de bavarder avec Agnès Gouvion Saint-Cyr quand le téléphone sonne (...) Le président? Quel président?», raconte Lartigue dans son Journal. Il croit à une blague, puis se dit peu désireux de jouer les portraitistes de cour, tarde enfin à accepter. Justement, VGE veut sortir du cadre avec cet artiste du mouvement, de la légèreté et de la vie heureuse. Lartigue fait poser le président devant le drapeau tricolore, sous le souffle du vent qui donne un rien de flou au fond. Le sourire n'est pas loin. Le président, ainsi recadré, est éclatant de modernité


<strong>François Mitterrand, tranquille</strong> - Beaucoup de douceur a été apportée par Gisèle Freund, 87 ans, à ce portrait de François Mitterrand, la «Force tranquille» arrivée au pouvoir en 1981. Fin des débats? C'est un symbole historique voulu que de faire appel à cette photographe née dans une riche famille juive de Berlin, rescapée du nazisme et portraitiste de l'intelligentsia de son temps, de Joyce à Virginia Woolf. Mitterrand est assis - une première - en costume de ville avec la Légion d'honneur à la boutonnière, en plan coupé, comme Giscard, son rival. Il regarde l'objectif, en feuilletant les Essais de Montaigne. Un pur rébus visuel. 

François Mitterrand, tranquille - Beaucoup de douceur a été apportée par Gisèle Freund, 87 ans, à ce portrait de François Mitterrand, la «Force tranquille» arrivée au pouvoir en 1981. Fin des débats? C'est un symbole historique voulu que de faire appel à cette photographe née dans une riche famille juive de Berlin, rescapée du nazisme et portraitiste de l'intelligentsia de son temps, de Joyce à Virginia Woolf. Mitterrand est assis - une première - en costume de ville avec la Légion d'honneur à la boutonnière, en plan coupé, comme Giscard, son rival. Il regarde l'objectif, en feuilletant les Essais de Montaigne. Un pur rébus visuel.


<strong>Jacques Chirac, nature -</strong> Avec Bettina Rheims, glamour, frondeuse et libertine, le président Chirac décide en 1995 d'être lui-même. Il sort donc au jardin - une première -, ôte ses larges lunettes carrées en écaille qui lui font un look marqué de grand entrepreneur. Opte pour le strict costume foncé comme Giscard et Mitterrand, mais porté sur une chemise bleu ciel comme le ciel de Paris, radieux derrière l'Élysée. Une certaine décontraction dans la pose, bras croisés derrière le dos, renvoie l'image d'un homme naturel (la Corrèze!), habitué à la confrontation publique ; sa haute stature, soulignée par une légère contre-plongée, celle d'un athlète que la rude tâche politique n'effraie pas. 

Jacques Chirac, nature - Avec Bettina Rheims, glamour, frondeuse et libertine, le président Chirac décide en 1995 d'être lui-même. Il sort donc au jardin - une première -, ôte ses larges lunettes carrées en écaille qui lui font un look marqué de grand entrepreneur. Opte pour le strict costume foncé comme Giscard et Mitterrand, mais porté sur une chemise bleu ciel comme le ciel de Paris, radieux derrière l'Élysée. Une certaine décontraction dans la pose, bras croisés derrière le dos, renvoie l'image d'un homme naturel (la Corrèze!), habitué à la confrontation publique ; sa haute stature, soulignée par une légère contre-plongée, celle d'un athlète que la rude tâche politique n'effraie pas. 
<strong>Nicolas Sarkozy, à l'américaine -</strong> D'avis unanime, ce portrait en pied du président Sarkozy, à côté d'un drapeau français trop grand et qui retombe comme la voile des marins au pot au noir, est une erreur de communication. Qui remarque les étoiles de l'Europe? Le cliché, pris en 2007, est l'œuvre d'un photographe people, Philippe Warrin, qui s'est distingué dans le «Loft» et la «Star Ac». La bibliothèque de l'Élysée, qui revient en leitmotiv, accentue l'académisme de la composition. Le visage jeune, loin des caricatures sauvages qui marqueront sa présidence, est perdu au loin. 

Nicolas Sarkozy, à l'américaine - D'avis unanime, ce portrait en pied du président Sarkozy, à côté d'un drapeau français trop grand et qui retombe comme la voile des marins au pot au noir, est une erreur de communication. Qui remarque les étoiles de l'Europe? Le cliché, pris en 2007, est l'œuvre d'un photographe people, Philippe Warrin, qui s'est distingué dans le «Loft» et la «Star Ac». La bibliothèque de l'Élysée, qui revient en leitmotiv, accentue l'académisme de la composition. Le visage jeune, loin des caricatures sauvages qui marqueront sa présidence, est perdu au loin. 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 19:06


C’est un peu long, je vous prie cependant de le lire, c’est édifiant !!!

Est-ce pour ces raisons que les journalistes ont tout fait pour faire élire François Hollande ?????


Pourquoi les journalistes ont tout fait pourqu’HOLLANDE soit vainqueur ?

En effet 85% des journalistes sont de gauche et ils ont fait une propagande pro-Hollande et une propagande Anti –Sarkozyste. Les différents débats nous ont démontré avec une grande évidence qu’ils souhaitaient l’élection de Hollande. En voici la raison :
L’avantage fiscal créée en 1934, pour les journalistes, supprimé par Juppé et rétabli par Jospin, pose question à l’heure où les niches fiscales ont mauvaise presse.
La chasse aux niches fiscales est à la mode. Le projet socialiste pour 2012 propose d’annuler 50 milliards sur les 70 milliards de «dépenses fiscales inutiles» créées depuis 2002. Au chapitre des «dépenses fiscales inutiles» ou au moins injustes, le PS pourrait également citer une mesure prise par le gouvernement Jospin, l’allocation pour frais d’emploi des journalistes, une niche fiscale qu’avait fait sauter Alain Juppé et que la gauche a rétabli quelques années plus tard sous une forme légèrement allégée.
Depuis 1999, les journalistes sont autorisés à retrancher 7.650 euros de leur salaire imposable, au nom des frais professionnels non remboursés par leurs employeurs. Un avantage fiscal conséquent. Prenons l’exemple d’un journaliste célibataire gagnant 2.500 euros par mois. Sans cet avantage fiscal, il payerait 2.534 euros d’impôt sur le revenu. Avec, il ne paye que 1.477 euros. Cette niche fiscale a été créée en 1934. Le journalisme faisait partie d’une liste délicieusement surannée de 110 professions qui étaient supposées avoir des frais professionnels (transport, nourriture, matériel…) plus importants que la moyenne. En France, tous les salariés sont exonérés de 10% de leur revenu au nom de ces frais professionnels. Pour 30.000 euros gagnés, on n’en déclare en fait que 27.000.
Ces 110 professions bénéficiaient d’un coup de pouce supplémentaire, de 5% pour les ouvriers du cartonnage de la région de Nantua à 40% pour les tisseurs non propriétaires de leur métier de l’Ain, de l’Ardèche, de la Drôme, du Gard, de la Haute-Loire, de la Haute-Savoie, de l’Isère, de la Loire, du Puy-de-Dôme, du Rhône, de la Savoie, de la Saône-et-Loire et du Vaucluse. Au milieu de cet inventaire à la Pernaut, les journalistes bénéficiaient d’une déduction supplémentaire de 30%.
En 1996, au nom d’une vaste réforme sur l’impôt sur le revenu, le gouvernement Juppé tire un trait sur toutes ces niches fiscales, «devenues sans rapport avec la réalité des frais professionnels supportés par les intéressés et qui ont donc perdu toute justification». Une profession va particulièrement se plaindre, les journalistes. Une manifestation réunissant 2.000 personnes parcourt alors les rues de Paris. Une dizaine de titres de la presse quotidienne régionale lancent une opération «homme invisible», un boycott photographique des parlementaires favorables à la suppression de la niche.
On découvre à cette occasion que les journalistes ont nettement plus de moyens de pression que les ouvriers du cartonnage de la région de Nantua. «Le souvenir que j’en conserve est moins la hargne des journalistes que la trouille des politiques», raconte Alain Lambert, ex-rapporteur du budget au Sénat. Juppé tient bon face à la fronde, mais offre une première concession à la profession, la création d’un fonds budgétaire pour compenser la hausse d’impôts que subiront les journalistes. Parallèlement, des négociations sont engagées avec les syndicats. Elles aboutiront sous Jospin. Il est décidé de rétablir l’avantage fiscal, mais sous une forme un peu plus juste. Au lieu des 30%, les journalistes pourront dorénavant retirer 50.000 F (soit 7.650 €) de leurs revenus, une mesure qui favorise les bas salaires et limite l’avantage pour les plus riches. Il n’empêche que les journalistes sont les seuls à bénéficier de la mesure. Michel Diard, ancien secrétaire général du SNJ-CGT (Syndicat national des journalistes) qui a participé à la négociation, ne voit qu’une explication: «La profession s’est mobilisée, les autres ne l’ont pas fait suffisamment».
Comment justifier cette différence de traitement face à l’impôt? «On considère que le travail du journaliste ne s’arrête jamais, répond Michel Diard. Même en vacances, le journaliste doit se tenir au courant, acheter les journaux, regarder le JT de 20h, consulter les infos sur Internet, ce qui a des coûts non pris en compte par l’entreprise de presse». Les journalistes seront ravis d’apprendre que leur Macbook est financé par l’Etat. Les polisseurs de pipe de Saint-Claude, qui ont perdu l’avantage fiscal, un peu moins.
Avant les primaires les syndicats de journalistes notamment de l’humanité ont demandé à Mr François Hollande de rétablir l’abattement de 30% pour les journalistes, de plus, chose étrange une certaine Valérie Massonneau (plus connu sous le nom de Valérie Trierweiler, future Madame Hollande) fut la porte-parole des journalistes accompagnée bien sûr d’Audrey Pulvar.
A savoir qu’en 2008 cette demande de rétablir les 30% fut demandée par les journalistes à Nicolas Sarkozy qui refusa, ce qui lui attira les foudres du monde journalistique, depuis ce jour la campagne anti-sarkozy commença.
Donc un journaliste célibataire gagnant 2.500 € par mois pourrait à partir de 2012 déduire 9.000€ au lieu de 7.650€.
Imaginez: 
Audrey Pulvar et David Pujadas gagnent aux environs de 12.000 € par mois ils peuvent donc déduire 54.000 € ; Laurence Ferrari gagne 400.000 € annuel, cela lui fait une déduction de 120.000 €.
Jean-Michel Apathie 40.000 € par mois soit une déduction de 144.000 €. Alain Duhamel 56.000 € par mois déduction de 207.600 €.
De plus, les journalistes de l’audiovisuel lui ont demandé un abattement supplémentaire de 10% pour les frais dit : « frais esthétiques » du fait qu’ils doivent en permanence faire des soins esthétiques pour être présentables devant les caméras. Soit 40% d’abattement.
Mr Hollande leur a promis qu’il leur rétablirait ce droit, dès septembre 2012, s’il est élu. Et il est certain que Valérie Trierweiler et Audrey Pulvar sauront le lui rappeler.
Comme quoi tous ces journalistes qui crachent sur les riches, et qui n’ont pas de mots assez forts pour dénoncer le Sarko bling bling se gardent bien de parler de leurs avantages fiscaux. A savoir que Valérie Trierweiler est petite-fille et arrière petite fille de Banquier ? Elle n’est pas issue d’un milieu modeste comme elle essaie de le faire croire. Elle a un gros patrimoine immobilier, comme François Hollande avec sa SCI « La Sapinière » et son agence à Londres.
Ils veulent bien taxer les riches mais pas eux, car avec leur salaire de smicard, ils ne pourraient plus vivre, on les comprend d’ailleurs fort bien.
Une grande Injustice.....
42.500 journalistes bénéficieront de cet avantage, mais on peut aussi se déclarer journaliste fiscalement sans carte de presse. Et des proches de journalistes, qui ne sont pas journalistes se déclarent journalistes sans carte de presse, sport très prisé chez les amis de l’Humanité et du Canard Enchainé.
Il n’empêche que cette niche fiscale laisse un sale goût dans la bouche des journalistes. Tout le monde comprend bien l’injustice de la mesure et le souci éthique qui se pose. Dans ce débat, les journalistes sont juges et parties puisqu’ils ont le pouvoir de mobiliser ou non l’opinion publique. Mais ces derniers ne veulent aucunement que l’on touche à leurs avantages et désirent les accroître. Ce n’est pas plus glorieux que les parlementaires qui votent eux-mêmes leur rémunération.
Une suppression de cet avantage fiscal serait néanmoins compliquée à mettre en œuvre.
Les syndicats demanderaient immédiatement une augmentation de salaire correspondant à la perte subie, ce qui au vu de la situation financière des journaux s’annonce bien délicat (à moins que le gouvernement rende l’argent de l’autre côté par des aides à la presse).
N’en doutons pas cette loi sera votée, et vous pouvez être sûrs que cela ne fera pas la une du journal de 20h00 ni la première page du journal l’Humanité, ni du Canard Enchaîné.

Avantages sur les congés maladies
Au-delà de trois mois de présence les journalistes ont le droit à la totalité de leur rémunération mensuelle pendant 3 mois, ils ont demandé à François Hollande de porter la durée à 6 mois. Et au-delà au 2/3 de la rémunération mensuelle plus le supplément familial dans son intégralité. Les journalistes ont la prise en charge intégrale de leur cure thermale par la sécurité sociale et ouvrent droit aux mêmes conditions d’indemnisation que celles prévues pour la maladie simple et sont prises en compte dans la durée de celle-ci.
Les journalistes en service, victimes d’accidents du travail ou de trajet, ou atteints de maladie professionnelle contractée à l’occasion de leur travail, conservent, pour tous les arrêts reconnus par la sécurité sociale comme directement liés à l’accident du travail ou à la maladie professionnelle, l’intégralité de leur rémunération dans la limite de deux ans, Ils ont demandé à François Hollande de passer cette durée à 4 ans.
En cas d’incapacité permanente partielle telle qu’elle est reconnue par la sécurité sociale, le journaliste a droit à une priorité de reclassement dans une fonction compatible avec son état physique, avec maintien de tous ses droits (y compris la déduction fiscale), notamment en matière de salaire.
A compter de la date de leur engagement, les journalistes atteints d’une affection de longue durée reconnue par la sécurité sociale entraînant momentanément une incapacité totale d’exercer leur fonction conservent pendant les trois premières années l’intégralité de leur salaire et les avantages fiscaux. Ils ont demandé à François Hollande que la durée soit portée à 5 ans. Ils ont eu la promesse que cela serait fait en Septembre.
Quels avantages pour François Hollande ?

Pour François Hollande, il est important d’avoir la majorité des journalistes à ses côtés afin de nous faire avaler tous les mensonges de sa future politique. Pour un chef d’état il est très important d’avoir le pouvoir médiatique de son côté, même si cela doit passer par l’attribution de niche fiscale, afin d’avoir une emprise sur les médias. Ce qu’avait parfaitement compris François Mitterrand.
De ce fait, il pourra dire et faire croire aux français ce qu’il veut. Après le département le plus endetté de France, la Corrèze, nous aurons le pays le plus endetté d’Europe, la France.
Les Français vont encore jouer les cigales, pendant qu’une minorité de fourmis va devoir travailler comme des dingues pour engraisser tout ce petit monde.
Merci messieurs et mesdames les journalistes …
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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 20:55

Jean d'Ormesson, Charles Aznavour, Gérard Depardieu... Plus d'une vingtaine de personnalités appellent dans une tribune à voter pour le président sortant.

Le Point.fr publie la tribune intitulée "Le moment de vérité" signée par plus d'une vingtaine de personnalités du monde de la culture qui appellent à voter pour Nicolas Sarkozy dimanche au second tour de l'élection présidentielle.

"La honte de la Ve République" : c'est ainsi que l'hebdomadaire Marianne n'hésite pas à qualifier Nicolas Sarkozy, tandis qu'il y a quelques jours L'Humanité comparait ce dernier au maréchal Pétain.

Depuis plusieurs mois, de tels procédés sont monnaie courante. Au point de faire système et de devenir le discours officiel de ceux qui, dès qu'il s'agit de Nicolas Sarkozy, ne reculent devant aucune outrance.

Avec de tels propos, on sort de l'affrontement démocratique pour désigner à la vindicte non plus un adversaire politique à défaire, mais un ennemi - à abattre. Chose peu banale, il se trouve que cet ennemi n'est autre que le président de la République. 

L'homme qu'une majorité de Français a élu il y a cinq ans pour conduire les destinées du pays. L'homme qui a été choisi par nos compatriotes comme l'un des deux protagonistes du second tour de l'élection présidentielle dimanche prochain.

On ne saurait chercher d'excuse à un tel déni de démocratie. Même le comportement parfois impétueux de Nicolas Sarkozy ne peut servir de circonstance atténuante.

Au contraire, pour notre part, nous voyons dans ce qui insupporte une certaine classe médiatique la principale raison de défendre l'actuel président de la République. La volonté de diviser qu'on lui prête est en réalité commandée par le refus d'un immobilisme dont la France, dans les circonstances actuelles, ne se remettrait pas. 

Sa façon de bousculer les habitudes est dictée par l'urgence même de la situation que le pays doit affronter. Et quant à son inculture prétendue, elle dissimule une grande curiosité pour tout ce qui a trait à la création et au patrimoine. 

Surtout, elle ne l'a pas empêché, au beau milieu d'une crise budgétaire sans équivalent depuis les années 30, d'être le seul dirigeant occidental à accroître de plus d'un cinquième les moyens du ministère de la Culture.

La France a besoin de rassemblement et non de division. Elle est en demande de justice. Qui pourrait dire le contraire ? Mais si l'on veut le rassemblement, si l'on veut la justice, il faut commencer par dire la vérité. La vérité sur l'état de nos comptes publics. 

La vérité sur l'immigration. La vérité sur la situation du monde et l'avenir de l'Europe. La vérité sur la nécessaire poursuite des réformes, si nous voulons sauver l'essentiel de ce qui nous fonde comme nation.

Cette vérité, aujourd'hui, dérange : c'est la cause profonde de l'anti-sarkozysme. Mais cette vérité est aussi incontournable : c'est la raison pour laquelle nous appelons dimanche prochain à voter Nicolas Sarkozy.


 

Éliette ABÉCASSIS, romancière

Antoine ARJAKOVSKI, historien

Charles AZNAVOUR, auteur-compositeur-interprète

David BELUGOU, décorateur de théâtre

Gérard DEPARDIEU, acteur

Dominique FARRUGIA, producteur et réalisateur

Bernard FIXOT, éditeur

Stéphane FREISS, comédien et réalisateur

Valérie-Anne GISCARD D'ESTAING, éditeur

Anne GOSCINNY, écrivain et éditrice

Thomas LANGMANN, producteur

Claude LELOUCH, réalisateur

Emmanuel LE ROY LADURIE, historien, membre de l'Institut

Michel MAFFESOLI, sociologue

Marie-José NAT, actrice

Jean d'ORMESSON, écrivain, membre de l'académie française

Jean-Robert PITTE, membre de l'Institut

Serge REZVANI, peintre, auteur-compositeur

Jean-Paul SCARPITTA, metteur en scène

Jean-Luc SEIGLE, romancier

Emmanuelle SEIGNER, actrice

Malika SOREL, essayiste

Denis TILLINAC, écrivain

Alain TERZIAN, producteur 

Nadine TRINTIGNANT, écrivain et réalisatrice



 
 
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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 13:40

7 mai, gueule de bois, par Jacques Attali


Soit François Hollande est élu, soit Nicolas Sarkozy est réélu. Dans les deux cas, les scénarios sont ceux d'une grave crise, parce que la campagne est passée à côté des vrais sujets.


Chacun sait, chacun répète, que la France doit réduire sa dette publique. Chacun sait, chacun répète, que la campagne ne porte pas sur ce sujet. Chacun sait, chacun répète, qu’aucune économie sérieuse n’est proposée par aucun candidat. Chacun sait, chacun répète, que les objectifs acceptés par la gauche et la droite sont totalement hors de portée, parce que nul ne sait comment réaliser l’excédent budgétaire nécessaire pendant 10 ans au moins, à partir de 2017 au mieux.


Et pourtant, rien ne change. La campagne s’étire, comme en bâillant. On s’y ennuie, on n’y parle, à droite comme à gauche, que de minuscules détails, de dépenses nouvelles non chiffrées ou d’impôts symboliques, mais ne rapportant rien.


Si on continue comme cela jusqu’au 6 mai, voilà ce qui nous attend.


Le 7 mai, si Francois Hollande est élu, la droite entrera dans une grave crise et explosera, pour le plus grand plaisir du Front national.


Le nouveau Président annoncera que la situation financière est épouvantable, pire que celle annoncée par les équipes précédentes, et qu’il lui faut étudier de près la réalité avant d’agir. Les marchés financiers, dont dépendent les trois quarts du financement de notre dette publique, s’inquiéteront et rendront plus coûteux les emprunts que l’Etat devra faire en mai, pour payer les salaires des ses fonctionnaires. Les prêteurs exigeront immédiatement du Président, et de son premier gouvernement, des réformes et des coupes très brutales, avant même les élections législatives de juin.


Pour ne pas les perdre, l’exécutif tergiversera et n’annoncera rien de sérieux. Après les législatives, la gauche, qui les gagnera, dénoncera des comptes maquillés par la droite, et lui fera porter la responsabilité des économies et des hausses d’impôts nécessaires. Elle annoncera qu’il faudra trouver au moins 20 milliards en 2012 et, si la croissance n’est pas au rendez-vous, ce qui est vraisemblable, le double en 2013, et le double encore en 2014. Et plus encore dans les 3 années qui suivront. Il ne sera plus question de largesse d’aucune sorte. Pendant tout le quinquennat.


Le 7 mai, si Nicolas Sarkozy est réélu, la gauche basculera dans une grave crise; le Parti socialiste explosera; une partie de ses membres ira rejoindre Jean-Luc Mélenchon, qui deviendra le chef de l’opposition; la droite pourra plus aisément passer les échéances d’emprunt de juin; elle gagnera les législatives, sous les applaudissements prudents des marchés.


Mais elle devra, elle aussi, révéler, dès juillet, que le déficit budgétaire de 2012 sera finalement supérieur à ce qu’annoncent aujourd’hui les comptes –en raison, dira la droite, d’erreurs impossibles à prévoir. Pour tenir les prévisions de réduction de la dette publique, qu’exigeront les prêteurs, la droite décidera de coupes brutales dans les budgets sociaux, sans augmenter les impôts des plus riches. Cela se traduira par une chute de la croissance et des revenus fiscaux. La nouvelle gauche mettra des millions de gens dans la rue; les grèves se multiplieront. Les marchés commenceront à s’inquiéter. Les taux d’intérêt augmenteront massivement. La crise sera là. Pour tout le quinquennat.


Dans les deux cas, le pays paiera le prix d’une campagne électorale totalement ratée. Non de la faute des candidats. Ni des journalistes. Mais des élites françaises, qui n’auront pas su sortir à temps de la douceur de vivre, de la drôle de guerre, de l’ivresse trompeuse.


Jacques Attali
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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 19:35

Mitterrand et Chirac, après deux années de cohabitation, ont fini par se détester. En 1988, le Président se montre le plus habile. L'une de ses répliques -«Vous avez tout à fait raison Monsieur le Premier ministre»- a marqué les esprits. Crédits photo: Georges Bendrihem/AFP
Mitterrand et Chirac, après deux années de cohabitation, ont fini par se détester. En 1988, le Président se montre le plus habile. L'une de ses répliques -«Vous avez tout à fait raison Monsieur le Premier ministre»- a marqué les esprits. Crédits photo: Georges Bendrihem/AFP 


 
Pour une fois, on a fait mieux que les Américains. Le débat télévisé est entré dans l'histoire en 1960 en opposant John Fitzgerald Kennedy à Richard Nixon. Les deux hommes sont côte à côte, rivés chacun à leur pupitre. Monologuent mais ne dialoguent pas. La légende raconte que Richard Nixon s'est blessé la veille, et qu'il a refusé de se laisser maquiller. Or, son visage marque déjà en cette fin d'après-midi les stigmates d'une barbe (re) naissante qui font les affres mondaines des hommes bruns. Le débat Nixon-Kennedy sonne les trois coups de la politique spectacle. Le plus doué pour ce spectacle - pas forcément le meilleur président! - sortira vainqueur de quelques centaines de milliers de voix qui seront - généreusement - attribuées à l'influence de ce fameux débat télévisé. En France, on aime à résister à l'Amérique. Ou en tout cas à le croire. Lors de la campagne présidentielle de 1965, le général de Gaulle ne daigne même pas utiliser le temps officiel qui lui est réservé. Entre les deux tours, après avoir été mis en ballottage et songé à démissionner (!), il condescend à dialoguer avec le journaliste Michel Droit, non sans avoir lancé cette réplique célèbre à ses conseillers: «Vous voulez que j'aille à la télévision en pyjama!»
 
Sous la boutade, le général a tout compris. L'époque exige des politiques qu'ils sortent du marmoréen de l'Histoire. Se livrent, se dévoilent, se déshabillent. Nous regretterons tout de même éternellement ce débat de Gaulle-Mitterrand que nous n'aurons pas eu. Les deux hommes n'auraient pas eu besoin de communicants pour trouver les formules qui font mouche. Nous regretterons moins l'absence de débat en 1969 entre Georges Pompidou et l'insipide Alain Poher. Pompidou avait préféré converser sur les ondes radiophoniques avec le leader centriste de l'époque, Duhamel. Qui posa en direct les conditions - convenues d'avance - à son ralliement au futur président. C'est ainsi que se décida l'entrée de l'Angleterre dans le Marché commun!
 
Mais tout cela n'était qu'amuse-bouche. Le rideau se lève sur le Giscard-Mitterrand de 1974. La comparaison avec le modèle américain est à notre avantage. Les deux hommes sont autour d'une table. Ils se regardent, s'affrontent, se touchent presque. Les journalistes sont des présentateurs et des sabliers, rien de plus. L'échange est courtois et implacable, brillant et féroce. La tradition française du salon littéraire, des bons mots, des épigrammes et des bouts rimés qui tuent retrouve des couleurs.
Giscard se révèle à son avantage. Il a toujours rêvé d'être Kennedy. Il s'est fait appeler VGE, à l'instar de JFK. Il attaque son débat sans traîner, en posant à Mitterrand des questions en rafale sur sa capacité à gouverner avec les communistes. Mitterrand sera son Nixon. Il est bien rasé, mais n'a pas préparé avec soin son affrontement. Il croit encore que son talent de parlementaire à l'ancienne suffira. Il ne connaît rien à la télévision, où il a longtemps été interdit d'antenne. Il manie ostensiblement ses lunettes dès que son rival le met en difficulté.L'Histoire a retenu la célèbre formule de Giscard: «Vous n'avez pas le monopole du coeur.» Formule préparée à l'avance. Mais c'est la suite qui est révélatrice politiquement: «Vous n'avez pas le droit de parler comme vous faites de certaines catégories de Français... Ce que je propose, c'est de servir les mêmes objectifs de justice sociale que vous. Mais je ne ferai ces réalisations qu'à partir d'une économie en progrès, alors que vous voulez les faire faire avec une économie brisée.»

<strong>1974</strong>. «Vous n'avez pas le monopole du cœur.» Avec cette formule préparée de toutes pièces, VGE fait mouche face à un Mitterrand mal préparé. Crédits photo: AFP
1974. «Vous n'avez pas le monopole du cœur.» Avec cette formule préparée de toutes pièces, VGE fait mouche face à un Mitterrand mal préparé. Crédits photo: AFP
Giscard inscrit encore ses pas dans la tradition de la droite gaullienne qui refuse de se laisser enfermer dans la défense des classes sociales privilégiées, qui veut, au nom de l'intérêt général, répartir équitablement les fruits de la croissance. De Gaulle et Pompidou ont forgé une sorte de social-démocratie. La social-démocratie à la française, c'est la droite gaullienne, avec les communistes en guise de grand syndicat. Ce que Giscard appellera bientôt curieusement le libéralisme avancé. En se référant à... la Suède social-démocrate.Emporté par sa démonstration, Giscard montre qu'il est arrivé en tête au premier tour dans des villes dirigées par des édiles socialistes. Et s'appesantit particulièrement sur «une ville qui vous connaît bien et qui me connaît bien, Clermont-Ferrand». Seul Mitterrand comprend l'allusion calculée pour le troubler et le déstabiliser: à Clermont-Ferrand habite la famille d'Anne Pingeot, sa maîtresse, alors clandestine, qui deviendra bientôt la mère de Mazarine.
Mitterrand est acculé. Sur la défensive. Pourtant, il trouve encore le moyen de lancer une flèche magnifiquement acérée alors que Giscard tente de rallier l'électorat gaulliste: «Vous avez dit avoir eu cent soixante-dix rendez-vous avec le général de Gaulle, mais vous avez oublié de parler du cent soixante et onzième, celui du 27 avril 1969, où vous l'avez poignardé.»
Mais c'est trop tard. Giscard a réussi à incarner l'avenir à une époque où celui-ci ne fait pas encore peur: il a enfermé Mitterrand dans le rôle de «l'homme du passé» à une époque où on ne croit pas encore que «c'était mieux avant». Giscard gagnera d'un souffle la présidentielle. Un souffle qu'on accordera, là aussi, à sa victoire télévisée. Un souffle que les spécialistes évalueront à 1,5% des suffrages, sa progression dans les sondages au lendemain du débat. Peu et beaucoup à la fois.Mitterrand attendra sept longues années sa revanche; mais elle sera éclatante. Il ne se laissera plus interroger «comme un élève par son professeur»; lorsque Giscard, comme en 1974, lui repose la même question: «Si vous êtes élu, sur quelle majorité pourrez-vous compter?», Mitterrand, cette fois, déverse un tombereau de citations assassines de Jacques Chirac pour lui rappeler que son camp n'est pas plus uni que le sien; il renverra «'homme du passé» à son envoyeur devenu, entre-temps, «'homme du passif».

«Mieux vaut être ami avec un cadreur d' Antenne 2...»

Mitterrand avait gagné avant même que le débat ne commence. Très en avance dans les sondages d'opinion, il n'avait pas besoin de briller à la télévision. Giscard, lui, jouait son va-tout. Sûr de sa supériorité, il insistait. Mitterrand minaudait. Depuis son échec de 1974, il avait analysé de plus près l'outil. Après son débat de 1977, où il avait été dominé par Raymond Barre, une note de La Revue du cinéma lui avait été remise qui expliquait l'utilisation de techniques diverses, comme des plans de coupe d'un Barre ironique pendant qu'il parlait, pour lui donner le mauvais rôle. Mitterrand a fini par comprendre qu'«il vaut mieux être ami avec un cadreur d'Antenne 2 qu'avec l'éditorialiste du Monde». Ses experts firent assaut d'exigences, de précautions, protections. Le camp de Giscard se récria, puis céda. Le protocole des 22 conditions posées alors - qui interdit entre autres tout plan de coupe et impose une codirection de la réalisation - régit encore aujourd'hui les débats présidentiels.

<strong>1981, la revanche.</strong> Instruit de son échec de 1974, Mitterrand parvient à imposer au président sortant un protocole de 22 conditions qui interdit tout plan de coupe et impose une codirection de la réalisation. Un standar aujourd'hui.1981, la revanche. Instruit de son échec de 1974, Mitterrand parvient à imposer au président sortant un protocole de 22 conditions qui interdit tout plan de coupe et impose une codirection de la réalisation. Un standar aujourd'hui. Crédits photo : INA
En 1988, François Mitterrand n'a pourtant plus besoin de bouclier. Il est devenu un bretteur télévisuel redoutable et redouté. Il harcèle son adversaire Jacques Chirac comme un toréador le taureau dans l'arène. Au bout de deux années de cohabitation forcée et faussement cordiale, les deux hommes ont fini par se détester. Mitterrand ne cesse de lui accorder du «monsieur le Premier ministre» à la fois cérémonieux et méprisant. Chirac bout et finit par craquer: «Vous n'êtes pas le Président, je ne suis pas votre Premier ministre; nous sommes ici deux candidats.» C'est ce que Mitterrand attendait: «Vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre...»Voltaire avait déjà dit qu'en France, celui qui met les rieurs de son côté a gagné.
Avant l'émission, ses conseillers, retors, avaient obtenu, sans éveiller la méfiance de leurs adversaires, que la table des débats ait les exactes mesures de celle du Conseil des ministres où les deux hommes s'étaient retrouvés chaque mercredi pendant deux ans. À un moment, pris dans le vif d'une réplique, Chirac appelle son adversaire d'un respectueux «monsieur le Président...».
Il ne reste plus à Mitterrand qu'à porter l'estocade en révélant que Chirac lui aurait avoué, dans le secret de son bureau, que le dossier Gordji - diplomate iranien accusé d'avoir commandité des attentats dans Paris - était vide. Fureur de Chirac qui le somme de contester sa propre version des faits. «Les yeux dans les yeux, je la conteste», assène Mitterrand, qui ne cille pas. Dans les jours qui suivront, Charles Pasqua expliquera qu'il avait fourni auparavant à Chirac un dossier complet sur l'affaire Gordji, pour mettre en difficulté le chef de l'État; mais Édouard Balladur avait jugé que ce n'était «pas convenable». Le «Florentin», le roué et cynique Mitterrand était resté maître de l'arène; mais Jacques Chirac s'était grandi d'avoir osé l'affronter à mains nues.
Il n'aura plus jamais d'adversaire de cette taille. En 1995, il se sera débarrassé au premier tour d'Édouard Balladur, sans avoir à débattre avec son ancien conseiller; le sort lui accordera comme adversaire un Lionel Jospinqui sait pertinemment qu'aucun candidat de gauche n'a une chance de succéder à François Mitterrand. Jospin est déjà tout heureux d'être sorti en tête du premier tour. Son but est d'asseoir sa domination sur la gauche, comme seul héritier du mitterrandisme. Chirac est prêt à l'aider tant que son adversaire ne lui conteste pas son «droit» à entrer à l'Élysée. Cette alliance objective semble préfigurer la cohabitation qui, deux ans plus tard, liera les deux hommes. Elle semble surtout annoncer la réduction à presque rien du clivage entre droite et gauche, imposée par l'Europe de Maastricht adoptée trois ans plus tôt par référendum.

 
1995, le bal des technos. Pour leur premier débat, Jacques Chirace et Lionel Jospin se livrent à un duel ennuyeux. Pour ces deux partisans de Maastricht, les différences sont maigres. Il n'y aura jamais de match retour. Crédits photo: REUTEURS
1995, le bal des technos. Pour leur premier débat, Jacques Chirace et Lionel Jospin se livrent à un duel ennuyeux. Pour ces deux partisans de Maastricht, les différences sont maigres. Il n'y aura jamais de match retour. Crédits photo: REUTEURS
  
L'ambiance est courtoise. Dans la loge, Chirac s'aperçoit qu'il a oublié sa cravate. Jospin est prêt à lui en prêter une; et Chirac, prêt à l'accepter. C'est sa fille Claude qui rejette avec véhémence le geste de complicité virile. Les combattants ont un devoir de détestation. Pour les électeurs, les militants, la démocratie. Pour le spectacle. Mais l'extrême lucidité rationnelle de Lionel Jospin le prive de toute férocité. Pour la première fois, le débat rituel semble vidé de son énergie. Les lumières du spectacle sont éteintes. Des échanges ennuyeux entre deux technocrates jonglant avec les sigles de la politique du logement. Seul Alain Minc, malgré lui, réveille l'instinct des grands fauves, lorsque Chirac le glisse, malicieux, dans une liste de conseillers de son adversaire. Réplique de Jospin, piqué: «Monsieur Minc a été plus longtemps conseiller de monsieur Balladur. Il a annoncé qu'il votait pour moi. Il est libre comme citoyen. Mais il n'est pas du tout mon conseiller.» Alors, Chirac lâche un méprisant - et mitterrandien - «Je vous le laisse».
Tous les observateurs attendaient le match retour pour 2002. Lionel Jospin s'y préparait avec gourmandise. Le spectacle promettait: un mélange de Giscard-Mitterrand pour la revanche et de Mitterrand-Chirac pour la clôture d'une cohabitation. Mais, à l'issue d'une campagne de premier tour d'une rare médiocrité, Lionel Jospin se laisse devancer par Jean-Marie Le Pen. Chirac arbore le masque de deuil pour la démocratie alors qu'il est secrètement ravi de sa victoire assurée. Pendant que la télévision française, soir après soir, programme une hallucinante propagande antifasciste - comme si la marche sur Paris était programmée -, tandis que les profs conduisent eux-mêmes leurs élèves dans la rue pour dire «Non au fascisme», Chirac se permet le luxe de refuser le débat sous les applaudissements des démocrates de droite comme de gauche! En vérité, Chirac avait tout à perdre d'un débat qui ne pouvait être que féroce. Il faisait mine de craindre les coups bas de Le Pen alors qu'il n'avait aucun intérêt à légitimer un adversaire diabolisé avec efficacité par la gauche. Cinq ans plus tard, une nouvelle génération frétille, des quinquagénaires pour qui la télévision n'a plus de secrets, mais dont la culture littéraire et historique laisse à désirer; même leur syntaxe s'avère souvent approximative.

2007, le débat le plus amusant

Cette fois encore, le débat télévisé ne peut rien changer au résultat final. L'écart est trop grand à l'issue du premier tour. Nicolas Sarkozy n'a reçu qu'une consigne de ses conseillers: ne pas écraser son adversaire. Dissimuler au mieux son mépris. La force d'un Mitterrand face à Chirac deviendrait une faiblesse de goujat face à une femme. À chaque intervention de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy regarde, atterré, les journalistes, et s'accroche des deux mains à sa chaise pour ne pas réagir. Pour ne pas rugir. Finalement, l'interdiction des plans de coupe - qui date donc du protocole de 1981 - le protège malgré lui. Ségolène Royal, à son habitude, passe d'un sujet à l'autre, sans respecter l'ordre prévu; sans même obéir à la plus élémentaire logique rationnelle. Sarkozy ne peut s'empêcher de se gausser: «Madame Royal a évoqué tous les sujets en même temps, elle risque de les survoler et de ne pas être assez précise.» Royal, altière: «Laissez-moi la responsabilité de mes prises de parole.» Sarkozy, doucereux, s'accrochant à sa chaise: «Je ne me permets pas de critiquer, mais je veux seulement vous faire remarquer...» Et Royal de conclure: «Tout se tient, tout se tient.» Elle veut créer une taxe pour financer les retraites. Sarkozy: «Votre taxe, c'est combien?» Royal: «Elle sera au niveau de ce qui sera nécessaire.» Sarkozy: «C'est d'une précision bouleversante.»

<strong>2007, les enfants de la télé. </strong>Ses conseillers lui ont demandé de ne pas écraser son adversaire. Nicolas Sarkozy se contraint, déjoue, pour éviter la faute de carres. «Tout se tient, tout se tient», répète Ségolène Royal. Crédits photo: SIPA<strong></strong>
2007, les enfants de la télé. Ses conseillers lui ont demandé de ne pas écraser son adversaire. Nicolas Sarkozy se contraint, déjoue, pour éviter la faute de carres. «Tout se tient, tout se tient», répète Ségolène Royal. Crédits photo: SIPA 
Ainsi va le débat le plus médiocre intellectuellement, le plus amusant aussi, malgré la candidate. Évoquant le viol d'une femme policière à Bobigny, Royal annonce sans se démonter: «Si je suis élue, les agents publics seront protégés, et en particulier les femmes: elles seront raccompagnées chez elles lorsqu'elles finissent tard.» Réplique sarcastique de Sarkozy: «Si vous devez faire raccompagner tous les fonctionnaires, il y aura une fonction publique au service des Français, et une autre au service des fonctionnaires.»

Et puis, il y a la «colère saine» au sujet des enfants handicapés. Colère préparée, jouée, surjouée. En fait, comme Jospin en 1995, mais pour des raisons différentes, Ségolène Royal est déjà surprise, heureuse d'être là. Son exploit est derrière elle: avoir gagné la primaire socialiste au nez et à la barbe de Fabius et DSK qui l'écrasaient de leur mépris et de leur supériorité intellectuelle; être la première femme de l'histoire de la Ve République qualifiée pour le second tour de scrutin. Pour l'Élysée, la marche est trop haute. Elle le sait, même si elle ne l'avouera jamais. L'important est pour elle de faire illusion. Quand Sarkozy fait l'éloge de «son talent» et de «ses compétences», elle fait semblant de ne pas entendre la raillerie. Sarkozy a gagné son pari: ne pas remporter le débat pour assurer la conquête de l'Élysée. «The show must go on», comme on dit en Amérique.


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