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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 17:54


Je me suis rendue hier avec mon fils au Musée des sciences à Jérusalem, pour y voir l’exposition sur Einstein. Bien que tout petit, il a été fasciné par la maquette de la vitesse de la lumière tandis que de mon coté, ce fut cet extrait d’une interview d’Einstein qui me sidéra: «Si j'avais pu savoir que les Allemands échoueraient dans leur projet de développer une bombe atomique, je n'aurais rien fait."
J’étais fascinée, regardant sans cesse ce film dans lequel Einstein exprimait la peur profonde et l’ambigüité qu’il ressentait envers l'une des plus grandes découvertes de l'humanité. Nous avions là un des pacifistes les plus célèbres de l'histoire, qui pourtant était celui qui avait créé la formule pour la construction d’armes de destruction de masses.


Une personne doit parfois créer des outils de guerre par amour de la paix.
Mais avec les yeux pleins de larmes, Einstein expliqua qu’une personne doit parfois créer des outils de guerre par amour de la paix. Et pendant que je m’élançais derrière mon petit garçon, qui avait rapidement perdu tout intérêt pour le film, je ne pouvais oublier ces images. La dernière photo montre le génie du 20ème siècle et son regard lointain, reflété dans ses yeux, qui traduit le poids énorme de son fardeau, cette immense responsabilité qui allait à jamais le hanter.
Le courage que ce genre de regret démontre m’impressionna. Car après tout, Einstein a changé le cours de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale avec l'invention de la bombe atomique. Ses formules ont ouvert la voie à de nombreuses découvertes, faisant faire des bonds énormes au progrès pour l'humanité. Et en dépit de ces intentions louables, il éprouva toujours des regrets.
Demain peut-être
Cela me fit réfléchir à d'autres sortes de regrets dans nos vies. J’ai lu une fois un article sur un père qui a perdu une petite fille. Il raconte comment la nuit juste avant qu’elle ne meure tragiquement, sa petite fille de 8 ans lui avait demandé de lui lire une histoire avant de dormir. Mais il était fatigué après une longue journée au travail. Il avait aussi un dossier que son patron lui avait demandé de finir à la maison sans parler du journal du matin resté encore intact dans son attaché-case.
Alors il embrassa sa fille pour lui dire bonne nuit et ajouta: «Peut-être demain, ma chérie. Ce soir, papa est trop occupé."
Lorsque sa fille est morte, son chagrin fut inextricablement mêlé à des regrets pour quelques instants de son temps. Pourquoi n'ai-je pas pu tout simplement laisser mon travail de coté et lui lire une seule histoire? Tout ce qu'elle voulait, c'était cinq minutes de mon temps! Mais comment le père aurait-il pu savoir qu’il n’y aurait pas de lendemain?
Il y a quelques semaines mon grand-père est décédé. Comme je partais pour l'aéroport pour me rendre à l'enterrement, une de mes filles m'a dit, «Papy n'est pas vraiment parti."
J'étais très proche de mon grand-père et j'eus du mal à contrôler mes émotions. « Adina, il est parti," lui ai-je répondu tandis que les larmes coulaient sur mon visage. Mais ma fille de huit ans secoua la tête et murmura: «Papy est toujours là. Parce qu'il fait partie de toi, et aussi de moi. Et il le sera toujours."
Mon grand-père avait une de ces âmes rares qui rayonnent de gentillesse. Ses yeux souriaient toujours. Et quiconque le connaissait ressentait la chaleur qui se dégageait de sa bonté. Et Adina avait raison. Il avait donné tant d'amour et de temps à sa famille et possédait une si belle âme que même ses arrières petits-enfants en avaient été imprégnés.
Un visiteur indésirable
Quelques jours plus tard, j’errais dans la maison de mes grands-parents, tombant sur des photos qui racontaient l'histoire d'une vie vécue avec très peu de regrets. La maison était vide, mais les murs avaient encore cette odeur chaleureuse qui avait bercée mon enfance. Je voyais des signes de vie partout où mon regard se posait. Un chapeau. Une veste. Une paire de lunettes à côté du téléphone. Comment mon grand-père pouvait-il être parti? Je sentis un poids m’écraser, m’empêchant de respirer tandis que je me tenais dans la cuisine qui avait été en d’autres temps mon refuge. C’était ici que des guimauves enrobées de chocolat effaçaient tous les problèmes, ici où l'amour de grands-parents avait transformé la vie d'une petite fille.
Nous ne pouvons prévoir de quoi sera fait demain mais nous pouvons utiliser nos talents aujourd'hui.
S’insinuant en moi, solidement ancré, vint taper à ma porte le visiteur indésirable du regret. Peut-être aurais-je pu, peut-être aurais-je dû... Regardant à travers la fenêtre le vieux porche en bois pourri je me suis alors demandée: mon grand-père savait-il seulement combien je l'aimais? Saura t-il jamais combien il nous manque? Ces pensées me hantèrent comme il me fallait partir, puis je me suis souvenu des mots de ma fille tandis que je tournais la clef dans la serrure. Papy sait. Bien sûr, qu’il le sait.
Mais le regret est rusé et parvient toujours à nous suivre, il me semble qu’il fera toujours partie de nos vies. Même lorsque nous créons de belles choses ou découvrons des idées étonnantes, il y aura toujours une voix pour nous dire: ". Si seulement j'avais su alors ce que je sais maintenant" Mais nous ne le savons jamais.
Depuis que j'ai étudié le mythe de Sisyphe à l'université, j'ai sans cesse en tête cette question essentielle: La vie a-t-elle un but? Cela semble impossible que nous soyons comme Sisyphe, condamnés à rouler un rocher en haut d’une montagne sans aucune autre raison que de le regarder ensuite dégringoler la pente. Pour le faire rouler en haut de nouveau. C’est impossible. Si nous vivions nos vies de cette façon alors nous n’aurions que des regrets.
Mais si nous donnons un sens à nos vies, alors nos regrets peuvent nous servir pour construire un meilleur avenir. Einstein ne pouvait prévoir la manière dont ses découvertes seraient utilisées. Et nous ne pouvons prévoir de quoi sera fait demain. Mais nous pouvons utiliser nos talents aujourd'hui. Nous pouvons dire «je t'aime» aujourd'hui. Nous pouvons lire des histoires à nos enfants aujourd'hui.
Que se serait-il passé si Einstein n’avait «rien» fait? A quoi ressemblerait notre monde aujourd'hui? Que se passerait-il si nous évitions le succès uniquement par peur d’échouer un jour? Que se passerait-il si nous évitions de nous rapprocher de ceux que nous aimons par peur un jour de les perdre? C'est pourquoi il y a une certaine forme de force et de courage qui se dégage des paroles d'Einstein. Le vrai regret aurait été de ne pas avoir essayé du tout. Et malgré la relativité du temps et de l’espace, notre capacité à essayer, elle, reste une constante.
Cet article est dédié à la mémoire de mon grand-père bien-aimé, Aaron Yehiel ben Anshel.

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