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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 18:53

Le Qatar grand ami de la France, dont les représentants ont été reçus plus que n’importe quel autre pays par le gouvernement en place, prend pied officiellement dans les banlieues.

Voilà donc un autre point commun entre Hollande et Sarkozy, cette amitié surprenante avec ce pays du golfe, qui finance bien des choses comme l’intervention française en Libye et semble aimer les grandes entreprises du CAC 40, les palaces, les médias, et le sport. En sport dans les banlieues, il sera servi.

Mais voilà, la banlieue française n’est pas la Libye. À moins que l’alibi du mécénat d’entreprise soit une autre forme d’intervention en France cette fois.
 

Le Qatar n’a rien à faire dans les banlieues

 
Si Libération de ce lundi dit vrai, à propos de "l’OPA du Qatar sur la banlieue", l’affaire est en effet préoccupante. Selon le quotidien de gauche, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, aurait entériné l’idée d’un fonds qatari de 100 millions d’euros, avec une participation non chiffrée de l’Etat français, à destination prioritaire des quartiers : 

un projet lancé une première fois en 2011 (il était alors question de 50 millions d’euros) à l’initiative de l’Association nationale des élus locaux pour la diversité (Aneld).

Une fois n’est pas coutume, je partage les réserves de Libération quand il s’inquiète de voir débarquer ce richissime petit pays islamiste dans les cités "pour s’y substituer à une République impécunieuse". J’approuve Nicolas Demorand, le directeur de la rédaction, quand il écrit :

 "Quelles seront les prochaines étapes, dès lors que la France accepte une première fois de sous-traiter à un pays étranger une partie de ses obligations souveraines ?".

J’avoue qu’après avoir lu avec consternation, dans le Nouvel Observateur, les appels à la haine de Renaud Dély, dénonçant comme "néo-fachos" ceux qui ne pensent pas comme lui, je suis prêt à applaudir tous ceux qui, à gauche, s’inquiètent du devenir de la France et de sa souveraineté…

La France n’a de leçons à recevoir ni des Etats-Unis, ni du Conseil de l’Europe et encore moins du Qatar sur la manière qu’elle a de gérer ses banlieues ou ses réactions face à l’islam politique. Sa politique est critiquable mais cette affaire est son problème, notre problème. 

Laisser le Qatar commencer à financer la Seine-Saint-Denis, majoritairement musulmane, revient à institutionnaliser un séparatisme culturel qui porte en lui, n’en déplaise au sycophante du Nouvel Obs, un multiculturalisme dévastateur. D’autant qu’il est faux de présenter ce département parmi les plus pauvres : hors économie souterraine , il est déjà le 15 e plus riche de France, les bons derniers étant l’Ariège (91 e), le Cantal (92 e) et la Creuse (96 e), comme le rappelait récemment le criminologue Xavier Raufer.

Il serait temps de s’interroger sur la stratégie de l’émirat, dorloté par la France y compris sous Nicolas Sarkozy. Qu’il y investisse massivement est une chose. Il est plus contestable de le voir graisser la patte de personnalités influentes. Mais il serait carrément scandaleux qu’il puisse disposer à son gré de ses pétro-dollars, comme un colon dans un pays sous-développé. Non, la France n’est pas à vendre.

Par Ivan Rioufol- Le Figaro.Fr

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Foot ou palaces, le Qatar paie cash

 
L’émirat richissime investit tous azimuts, grâce, notamment, aux facilités fiscales accordées par la France.

Le Qatar, ou le principe du soft power. Ou quand la diplomatie financière remplace la course aux armements.
Fort d’un des plus importants PIB par habitant du monde, ce petit Etat gorgé de gaz investit chaque année de 15 à 25 milliards d’euros à l’extérieur de ses frontières. Notamment dans l’Hexagone (près d’un milliard par an), où il s’intéresse à la fois aux fleurons du CAC 40, à l’immobilier, au sport et, désormais, aux médias.

Industrie Des entreprises sous contrôle
Privilégiant le plus souvent des entreprises sous-cotées, le Qatar est aujourd’hui présent au capital d’une demi-douzaine d’entreprises du CAC 40 : 1% de Suez et LVMH, 2% de Vivendi et Total, 5% de Veolia, 8% de Vinci…
Un jeton pour voir ?

 « Leur prisme change d’un jour à l’autre, estime un intermédiaire qui les connaît bien : une fois économique, une fois diplomatique… » Cas pratique chez Veolia, distributeur d’eau auprès des collectivités territoriales : « Son réseau d’élus locaux, c’est ce qui a convaincu le Qatar d’investir dans Veolia », analyse un connaisseur. 

Sa plus grosse participation (12,8%) reste celle qu’il détient dans Lagardère, et qui en fait le premier actionnaire. Mais ne lui permet cependant pas de peser sur le très stratégique groupe de défense EADS (dont Lagardère est actionnaire à 7,5%), en raison des statuts de la société Lagardère SCA, qui laissent à Arnaud Lagardère tout le pouvoir malgré une part inférieure aux Qataris (9,6%).

Mais leur ticket n’est pas que modérateur. Quand il s’agit de monter des co-entreprises pour décrocher des contrats au Moyen-Orient, la gouvernance et le rapport de force changent : les Qataris contrôlent alors 51% du capital, leur partenaire français devant se contenter de 49%. C’est le cas de Bouygues, engagé dans le chantier du Mondial 2022 au Qatar (neuf stades démontables, 230 millions d’euros pièce), ou Vinci, pour la construction d’un pont de 40 km entre le Qatar et Bahreïn. 

Enormes chantiers en perspective, mais aussi transfert de technologie et de compétences. « Le Qatar est une telle poule aux œufs d’or que tout passe comme une lettre à la poste », résume un chercheur. Un homme d’affaires s’en désole : « Le Qatar a priorité sur tout l’hypermarché France. » Une crainte tempérée par un dirigeant français, pour qui « ils ne font qu’acheter de l’influence ».

Immobilier Des palaces en pagaille

Egalement bénéficiaire d’un incroyable régime d’exonération fiscale de ses plus-values immobilières (statut dérogatoire accordé par Sarkozy au début de son mandat, lire aussi page 3), c’est tout naturellement que le petit émirat a aussi choisi d’investir dans l’immobilier. Dernières acquisitions, réalisées fin juin : 

l’établissement de luxe le Martinez à Cannes, le Concorde Lafayette, l’hôtel du Louvre à Paris et le Palais de la Méditerranée à Nice, tous rachetés à l’américain Starwood Capital. Quatre palaces qui viennent s’ajouter aux biens déjà acquis dans la capitale : le Royal Monceau, l’hôtel Lambert, le centre de conférence Kléber (en voie de transformation en palace), l’hôtel d’Evreux, l’immeuble Virgin des Champs-Elysées (racheté à Groupama) et le centre commercial Elysées 26. Et au palace Carlton à Cannes. Soit un ensemble de biens immobiliers dont la valeur serait comprise entre 2,5 et 3 milliards d’euros.

Foot Après les joueurs européens, les clubs
L’idylle entre le Qatar et le football ne date pas d’hier. On peut compter à la pelle le nombre de joueurs en fin de carrière en Europe qui tentent une ultime pige sous le soleil pour ramasser une dernière (grosse) liasse de billets sans forcer leur talent. Mais les Qataris, qui connaissent l’importance et la puissance médiatique du foot, ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Sans compter et sans limite. Le premier objectif est atteint.

Le Qatar va organiser la Coupe du monde 2022 de football à la surprise (presque) générale. Zinédine Zidane aurait touché 11 millions d’euros pour soutenir cette candidature. 

Le deuxième objectif était de s’implanter en Europe. Mais les Qataris ne se limitent plus à faire venir des préretraités, ils veulent aussi acheter des clubs sur le Vieux Continent afin de régner sur ce sport. Mai 2011, le club espagnol de Malaga passe ainsi en mode Qatar. Juillet 2011, c’est au tour du Paris Saint-Germain. Les Qataris débarquent dans la Ville lumière pour briller. Qatar Sports Investments, propriété du prince héritier, Tamim ben Hamad al-Thani, rachète le club pour une bouchée de pain : 50 millions d’euros. Et, en un an, fait exploser le marché des transferts : 217 millions d’euros (bonus inclus) pour recruter 15 joueurs. 

Le dernier en date se nomme Zlatan Ibrahimovic et son salaire mirobolant s’élève à 14 millions nets par an. Du jamais vu en France. Le PSG serait par ailleurs sur le point de signer un mirobolant contrat de sponsoring maillot (100 millions d’euros par an) avec une banque qatarie. QSI a aussi racheté cet été le club de handball parisien. Les salaires et transferts des handballeurs ne sont que poussière dans le porte-monnaie qatari.

Médias Deux chaînes télé en déficit annoncé
« Pour être rentable, 4 millions d’abonnés n’est pas un chiffre stupide. » Hier sur LCI, Charles Biétry, qui préside aux destinées audiovisuelles du Qatar en France, a esquissé le business plan des chaînes BeIn Sport 1 et 2 : en gros, c’est pas gagné. Car Charles Biétry est bien loin des 4 millions de clients : lancée en juin avec l’Euro (dont elle détenait l’intégralité des droits) et gratuite pendant trois mois, la chaîne atteindrait aujourd’hui les 600 000 abonnés. 

Selon une note des analystes financiers de Natixis rédigée en février, les chaînes BeIn ne seront jamais à l’équilibre et pourraient, d’ici 2016, compter au maximum 1,5 million d’abonnés pour un déficit de 580 millions d’euros.

De la vente à perte ? En tout cas un gouffre dont le président de BeIn Sport (et du PSG) Nasser al-Khelaïfi semble n’avoir cure : comme il a peuplé de stars le club parisien, il a dépensé tant et plus en droits sportifs (400 millions d’euros pour, notamment, un bon bout de la Ligue 1 et la Ligue des champions). Au point de faire trembler Canal + et frémir le monde du cinéma français dont la santé dépend de celle du propriétaire de la chaîne crypté.

Par RENAUD LECADRE, LUC PEILLON, RAPHAËL GARRIGOS, ISABELLE ROBERTS, RACHID LAÏRECHE - Libération

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