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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 07:35


"Huit ans, ça suffit !" Dans une interview au quotidien allemandFrankfurter Allgemeine ZeitungMahmud Ahmadinejad a annoncé qu'il se retirait de la vie politique à l'issue de son second mandat, en juin 2013. "Peut-être que je m'engagerai politiquement à l'université, mais je ne mettrai pas sur pied un parti ou un groupe" politique, a assuré le président iranien. 
Pourtant, cette annonce est loin d'être une surprise. Après avoir rempli deux mandats, en 2005 et en 2009, l'ultraconservateur ne pouvait de toute façon pas se représenter. Pire, depuis sa réélection contestée de juin 2009, qui a provoqué la plus grave crise qu'ait connue la République islamique, il a peu à peu été éliminé du jeu politique iranien.
La carrière de Mahmud Ahmadinejad tenait jusque-là de l'irrésistible ascension. En 1976, ce fils d'un modeste forgeron de Garmsar, hameau situé à quatre-vingt-dix kilomètres de Téhéran, intègre la prestigieuse université des Sciences et de Technologie où il étudie l'ingénierie civile. Il obtient son doctorat en transports publics en 1997, ce qui lui vaut d'être appelé, encore aujourd'hui, "Docteur Ahmadinejad". En marge de cette carrière, il multiplie les activités politiques. 
Dès son entrée à l'université, l'extrémisme de ses positions lui ouvre la porte du syndicat étudiant islamiste du Bureau de consolidation de l'unité (BCU), un des groupes à l'origine de la prise d'otages à l'ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979. En 1980, Ahmadinejad et le BCU jouent un rôle-clé dans ce que l'ayatollahKhomeyni a appelé la "révolution culturelle islamique", c'est-à-dire la purge des enseignants et des étudiants dissidents, dont beaucoup sont arrêtés et exécutés.

"Un tortionnaire cruel" (opposition)

Le jeune homme intègre par la suite le groupe de la "sécurité interne des Gardiens de la révolution", organisation militaire parallèle à l'armée régulière. Selon les réformateurs, Ahmadinejad était un interrogateur "tortionnaire et cruel", bourreau de milliers de prisonniers politiques de la prison d'Evin. Après avoir activement participé à la guerre contre l'Irak dans la milice des bassidjis, il devient, en 1986, officier supérieur des Gardiens de la révolution, affecté aux "opérations extraterritoriales".
Ahmadinejad est alors soupçonné d'être le cerveau d'une série d'attentats et d'assassinats d'opposants au Moyen-Orient et en Europe, selon des sources au sein même des Gardiens de la révolution. La guerre terminée, il est nommé gouverneur de province dans le nord-ouest du pays et conseiller au ministère de la Culture, avant d'être écarté par les réformateurs fraîchement élus en 1997. Mais le vent tourne en sa faveur en 2000. Pour mettre fin à l'hégémonie réformatrice au Parlement et à la présidence, le guide suprême, l'ayatollah Khamenei, véritable chef de l'État iranien, ordonne la création de groupes ultraconservateurs. 
Fort d'un inconditionnel soutien du Bassidj et des Gardiens de la révolution, le "petit" Ahmadinejad fonde un puissant réseau de néo-intégristes, Abadgaran-e Iran-e Islami (les bâtisseurs de l'Iran islamique), ayant pour but de ranimer la rhétorique du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Khomeyni. Et cela fonctionne. Profitant de la déception du peuple envers les réformateurs et d'un très faible taux de participation de 13 %, le groupe remporte les municipales en 2003, et désigne comme maire un de ses leaders, Mahmud Ahmadinejad.

Diatribes enflammées

L'année suivante, Abadgaran remporte haut la main les législatives après une abstention record. Le parti semble ainsi en position idéale pour l'élection présidentielle de 2005. Dans cette campagne, il se présente, alors qu'il est un illustre inconnu, s'autoproclamant "balayeur de la nation". Contrairement à ses adversaires, le "candidat du peuple" parcourt de nombreux villages déshérités à travers le pays. Promettant de ramener à leur table l'argent du pétrole, Mahmud Ahmadinejad s'impose largement au second tour face à l'ancien président, le "conservateur modéré" Rafsandjani, à qui les Iraniens reprochent de s'être considérablement enrichi durant ses mandats. Déjà, les candidats battus évoquent des fraudes.
Dès les premiers mois de mandat, celui qui a été élu essentiellement sur des questions sociales enflamme le monde. En octobre 2005, il provoque la stupeur en annonçant qu'"Israël doit être rayé de la carte", au cours d'une conférence sur "Le monde sans le sionisme". Des mots que l'intéressé n'a pourtant guère prononcés. Mais le président iranien qualifiera bel et bien, quelques mois plus tard, la Shoah de "mythe" et organisera même en décembre 2006 une conférence sur "la réalité de l'Holocauste".
Pendant ce temps, l'ultraconservateur, fort de ses liens et de ses positions proches du guide suprême, relance l'enrichissement de l'uranium dans ses centrales. Craignant que l'Iran ne souhaite en réalité se doter de la bombe atomique, l'Occident décide en réponse de lui imposer six résolutions, dont quatre salves de sanctions. Des mesures punitives qui fragilisent une économie déjà touchée par une gestion pour le moins hasardeuse. Si les bas salaires et les retraites sont effectivement augmentés, notamment grâce à la manne pétrolière garantie par un prix élevé du brut, nombreuses sont les entreprises qui se voient obligées de mettre la clé sous la porte. L'inflation et le chômage sont galopants, les réserves de la Banque centrale fondent comme neige au soleil.

Un courant déviationniste

Avec ce constat général d'échec, sa réélection, en juin 2009, semble plus que compromise. Surtout que, face à lui, se présente le réformateur Mir Hossein Moussavi. Tenant du "tout sauf Ahmadinejad", cet ancien Premier ministre de la République islamique parvient à générer un mouvement de contestation inédit, formé de nombreux jeunes déçus, conscients que le challenger représente le "meilleur du pire". Mais cet espoir va se heurter à une main de fer, celle du guide suprême iranien.Redoutant comme la peste cet élan inédit de semi-liberté, qui ne veut pourtant pas renverser le régime, il ordonne la validation des résultats contestés, ainsi que la répression brutale des manifestations. Six mois et 150 morts plus tard, le poulain du guide en sort renforcé.
Se voyant calife à la place du calife, Mahmud Ahmadinejad commence à s'affranchir du pouvoir de son mentor. Il tient tête au guide, et se retrouve accusé d'avoir rejoint un "courant déviationniste" cherchant à limiter le rôle politique du clergé chiite. Louant désormais le nationalisme iranien par opposition à l'islamisme des mollahs, il provoque la fureur de l'ayatollah Khamenei, lorsqu'il limoge en avril 2011 le ministre des Renseignements, Heydar Moslehi, avant d'être forcé de réintégrer ce proche du guide. Cet autoritarisme naissant lui vaut d'être menacé à plusieurs reprises de mesures "d'impeachment" par le parlement iranien.
Le coup fatal a été porté en mars dernier. Sans surprise, les législatives ont couronné les "conservateurs modérés" dévoués à l'ayatollah Khamenei, qui ont remporté 54 % des sièges du Parlement face aux ultraconservateurs d'Ahmadinejad. Fin de partie pour celui qui n'a été qu'un pion du régime iranien. 
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