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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 20:25


Matisyahu, la légendaire pop-star du reggae, célèbre pour sa longue barbe, sa kippa et ses péot (papillotes) a ébranlé le monde juif cette année en rasant sa barbe, en ne portant pas toujours la kippa et en métamorphosant radicalement son « look ». Dans l’entretien exclusif qu’il a accordé à aish.com, 

 
Matisyahou décrit avec honnêteté et candeur quelques-uns des défis qu’il a traversés lors de la redéfinition de son identité juive. Bien que nous ne partagions ni ne cautionnions pas tout ce que Matisyahu dit et fait – nous avons pensé qu’il serait intéressant de nous pencher d’un peu plus près sur son parcours spirituel qui est encore en mouvement – et qui, à plusieurs égards, incarne l’odyssée que beaucoup d’entre nous entreprennent dans leur propre voyage vers l’observance de la Torah.
Aish.fr Vous avez créé un sacré remue-ménage en postant sur Twitter une photo de vous-même sans barbe, accompagnée d’une déclaration qui semblait indiquer que vous n’avez plus besoin des règles du Judaïsme pour continuer à grandir en tant que Juif. Mettons les choses au clair : vous définissez-vous encore comme un Juif pratiquant?
Matisyahu : Je ne suis pas vraiment intéressé à me catégoriser dans une telle ou telle obédience religieuse et ce que je suis aujourd’hui pourrait parfaitement évoluer de nouveau dans l’avenir. Ce que j’étais quand je me suis rasé a changé en ce que je suis aujourd’hui et, si D.ieu veut, continuera à changer au fil de mon évolution personnelle. A la vérité, j’ai toujours été en perpétuel mouvement depuis que j’ai débuté mon voyage spirituel vers le Judaïsme mais c’est simplement que les gens réagissent à l’apparence extérieure.
Je ne sais pas vraiment ce que le mot « religieux » signifie. Je crois sincèrement en D.ieu et si l’on considère que la Torah et les Mitsvots sont notre guide pour ce voyage, alors effectivement, certains m’appelleront « pratiquant » mais d’autres verront les changements extérieurs que j’ai opérés et diront que je ne le suis pas. Peut-être que les étiquettes qui se basent sur ce types d’externalités sont trop simplistes, ou simplement commodes. Je comprends certainement que ma position dans la culture populaire prêtait une certaine valeur à ces éléments externes. Mais mes récents changements découlent de mon parcours personnel et ne constituent en aucun cas un rejet de l’inspiration que mon apparence donnait au public.
Je suis encore dédié au Judaïsme, à la recherche de la vérité à travers la halakha (Loi juive) et la pratique.
Je trouve une source énorme d’inspiration et de vérité à travers la Torah et le Judaïsme, mais j’avais adopté certains minhaguim (coutumes) et conduites rigoureuses qui étaient devenus des habitudes – soit parce qu’un à un certain stade, je m’y étais identifié, soit simplement parce j’avais été convaincu que le Judaïsme « religieux » devait se traduire par une certaine apparence. Au fil du temps, certains de ces aspects extérieurs, comme la barbe, ont fini par devenir étouffants et oppressants pour moi. Il fallait que je prenne un peu de recul.
Je suis encore dédié au Judaïsme, à la recherche de la vérité à travers la halakha (Loi juive) et la pratique, mais j’avais besoin de m’y identifier d’une manière différente du moment où je suis devenu « religieux ». Je suppose que vous pourriez dire que je suis en train de traverser une phase de maturation religieuse et une prise de conscience que les engagements que j’avais pris il y a 10 ans n’expriment plus un certain aspect de ma personnalité. J’imagine que c’est une passe que beaucoup de Baal Techouva traversent. La seule différence c’est que dans mon cas, je le fais en public.
En tant que Juifs, nous avons toujours eu comme fondations la Torah, et au cours de ma vie, je me suis aperçu qu’il y avait un terreau très fertile dans ces fondations. Mon nouveau disque est une expression de cette prise de conscience. Il est profondément imprégné de Judaïsme. Il est rempli d’inspiration recueillie au cours de deux dernières années de ma vie à travers la Kabbala, la ‘Hassidout, des histoires en Yiddish, en Hébreu et des citations glanées à travers les Téhilim (Psaumes). Récemment, au cours d’un chat en ligne, un fan m’a demandé (jugeant d’après mon look, je suppose) si j’étais encore religieux, et à ce moment, j’ai répondu que je me sens plus religieux que je ne l’ai été depuis des mois, bien que beaucoup de gens (s’appuyant sur mes récents changements extérieurs) m’étiquèteront comme étant moins religieux.
Aish.fr Comment votre épouse a-t-elle réagi face à votre transformation physique ? S’agissait-il d’une décision dont vous aviez discuté tous les deux ?
Matisyahu : Au bout du compte, la décision finale était de mon ressort, et apparemment, elle n’en a pas fait tout un plat.
Aish.fr Dans un entretien, vous avez affirmé que les changements physiques de votre apparence étaient en réalité l’aboutissement d’une série de prises de conscience que vous aviez eues au cours des semaines précédentes. Quels étaient les défis que vous deviez affronter et à quelles conclusions en êtes-vous arrivé ?
Matisyahu : Ce que je voulais dire c’est que la décision que j’ai prise n’avait rien d’impulsif. C’était l’aboutissement de toute une démarche qui m’avait conduit à cela. A un certain stade, j’ai pris conscience que je ne devais pas être assujetti à cette barbe, ni à quoi que ce soit d’autre dans la vie si je ne m’y identifiais pas pleinement, si le devoir sous-jacent du cœur n’était pas présent. Je crois que la Tora nous enjoint de grandir à travers l’étude, le questionnement, et non pas de devenir complaisants, et donc je me devais de remettre en question certains des comportements rigoureux que j’avais adoptés 10 ans auparavant.
Je me suis également rendu compte que j’étais libre de prendre mes propres décisions, que je pouvais penser par moi-même, que la Torah doit s’adresser à l’individu et que l’individu qui pense doit s’adresser à la Torah. Cela peut vous paraître très simpliste comme idée, mais dans un sens, j’étais devenu enfermé par ma vision d’une réalité ultime pendant environ 10 ans de ma vie, j’avais perdu une certaine souplesse en moi-même.
La Torah doit s’adresser à l’individu et l’individu qui pense doit s’adresser à la Torah.
Je me rappelle précisément du moment où cette réalisation m’a frappé de plein fouet. Je descendais Amsterdam Avenue, dans l’Upper West Side et j’ai eu l’impression que je sortais littéralement de la cellule de prison dans laquelle je m’étais enfermé. A cet instant, j’ai réalisé que je pouvais me raser si je le souhaitais. Cela dépendait de moi et de personne d’autre. A présent, il me restait simplement à déterminer si je le voulais ou non. J’avais des sentiments très partagés sur la question, et je n’arrivais pas à me décider, ce n’était vraiment pas facile. Après trois jours où cette décision avait mobilisé toutes mes pensées, j’ai pris conscience que je transgressais les deux premiers commandements. Ma barbe commençait à devenir une idole.
Cela ne signifie pas, comme certaines personnes semblent en avoir déduit, que désormais la halakha n’a plus d’incidence sur ma vie ni sur mes choix. C’est plutôt que j’ai appris à effectuer certaines distinctions dans ma vie dans les domaines où la flexibilité existe naturellement pour l’individu conscient de la Torah. Si je choisis que mon lien face à la religion s’exprime à travers une barbe, etc., il n’y a aucun problème. Mais si j’en arrive à me sentir esclave de cette manifestation extérieure, à mes yeux, et pour le moment, ce n’est plus une expression spirituelle saine.
Aish.fr Cet été, vous sortez un nouveau disque intitulé « Spark Seeker » (N.d.t. : Chasseur d’étincelles). Que représente ce titre à vos yeux ?
Matisyahu : « Spark Seeker » parle d’élever les étincelles de divinité disséminées dans ce monde, une idée inspirée par la Kabbala. Je sens que l’on m’a accordé une opportunité unique et un cadeau de D.ieu. Je me considère comme un Chasseur d’Etincelles, comme le sont beaucoup d’entre nous.
Aish.fr La majeure partie de ce nouveau disque a été enregistrée en Israël. Quelle signification cette expérience a-t-elle revêtu pour vous ?
Matisyahu : On trouve beaucoup de grands musiciens en Israël. C’est un endroit tellement intense, tellement magnifique. A mes yeux, c’est le carrefour de l’univers. Quel meilleur endroit qu’Israël peut-on trouver pour faire de la musique ? Mon voyage en Israël a été un tournant pour le disque. Il a complètement transformé le son des bandes que nous avions produites jusqu’à ce point. C’est en Israël que le disque a commencé à raconter sa véritable histoire et a trouver sa juste sonorité.
Aish.fr Dans votre nouveau disque, il y a un certain nombre de personnes autres que vous-même qui disent des paroles de prière juive ou partagent des pensées de « Torah ». Comment avez-vous choisi ces passages ?
Matisyahu : Et bien, pour chacun d’entre eux c’a été une autre histoire. Parfois, je savais simplement que je voulais insérer un verset de Téhilim (Psaumes) dans une certaine section d’une chanson alors je parcourais les psaumes jusqu’à ce que je trouve un verset qui me parlait. La plupart du temps, cela s’est produit de manière assez organique. J’étais convaincu qu’il y avait tellement de divinité que ces individus pouvaient exprimer et contribuer au disque. Tout comme je n’ai dit à aucun des musiciens invités dans ce disque comment jouer, parce que je faisais confiance à leurs instincts musicaux, je voulais que ces rabbins disent ce qui était réel à leurs yeux, soit en s’inspirant du titre de la chanson soit parce que c’était une idée qui leur parlait.
Aish.fr Quand vous écrivez vos chansons, essayez-vous consciemment de transmettre un certain message à propos du Judaïsme ?
Matisyahu : J’écris à propos de ce qui m’inspire. Parfois, c’est un passage de la Torah, parfois non. Si vous croyez que la Torah est le plan du monde, alors dans un certain sens, tout ce qui vous inspire – que vous percevez comme vérité, beauté ou sagesse – trouve ses racines dans la Torah. J’essaie de trouver ce qui résonne en moi, ce qui est authentique et réel à mes yeux. Je ne cherche pas à cautionner la religion ni à promouvoir des idées. Je suis musicien et je pense que mes fans s’identifient à ma musique sur de nombreux plans, que la Torah et les concepts juifs soient apparents à leurs yeux ou non. Dans un sens, c’est cela le pouvoir de la musique.
Aish.fr En tant qu’artiste, comment trouvez-vous le juste équilibre entre le besoin d’être « libre et expérimental » et les « carcans » de la vie religieuse ?
Matisyahou : Et bien, au fil des années, mon approche a évolué à cet égard. J’ai laisse de côté quelques-uns des comportements rigoureux que j’avais adoptés parce que je sentais que ma créativité et ma spiritualité se trouvaient étouffées par la manière dont je les percevais, et j’avais besoin d’une nouvelle approche. Cela ne signifie pas que j’ai balancé par-dessus bord ces coutumes et les ai étiquetées comme étant dépassées, ni cela indique-t-il que puisque j’ai changé l’expression physique de mon Judaïsme, j’ai donc modifié mon identification avec la majeure partie des choses qui m’avaient toujours inspiré comme le Chabbath, la prière, la Cacherout, l’accent mis sur la visite et le réconfort au malade, la tsédaka et ainsi de suite. D’ailleurs, mon petit doigt me dit que mon approche va encore évoluer au fil du temps.
Les concepts et mitsvot du Judaïsme sont les éléments mêmes qui ont inspiré l’essentiel de ma musique.
Mais pour revenir à votre question : la structure du Judaïsme ne nous interdit pas d’adopter une approche expérimentale face à la créativité. Les concepts et mitsvot du Judaïsme sont les éléments mêmes qui ont inspiré l’essentiel de ma musique, donc dans un sens, il y a beaucoup d’occasions où ces deux domaines se conjuguent et d’autres où il existe une certaine tension entre eux.
Aish.fr Votre identité juive s’est avérée être un aspect positif unique de votre image publique. Vous a-t-elle parfois joué de mauvais tours ?
Matisyahou : Et bien, pour ceux qui ne sont pas familiers avec ma musique, cette identité m’a déjà stéréotypé comme un pantin à certains égards. Cela m’a aidé et m’a aussi blessé, mais je n’ai jamais vraiment prêté attention à ce que les autres pensent. J’ai toujours essayé de faire ce qui me semblait authentique au moment même et je me suis efforcé de ne pas me soucier de la réaction des autres.
J’ai été fier de pouvoir représenter le Judaïsme aux yeux de plusieurs millions de personnes à travers le monde. J’ai aussi senti que tout en étant fortement influencé par la Judaïsme, je crois que ma musique a réussi à toucher l’humanité au sens large, ce qui est plus grand que de représenter une quelconque religion ou groupe de gens.
Aish.fr Au cours de votre carrière, qu’avez-vous appris sur le jeu de la célébrité à outrance ? Et quelles sont les techniques que vous avez mises en œuvre pour échapper à ses écueils classiques ?
Matisyahou : Visiblement, je n’ai pas vraiment réussi à passer le test. Les gens se contentent de projeter tout ce qu’ils veulent sur vous. Mais j’essaie de ne pas me laisser impressionner et je me contente d’écrire ou de dire ma propre vérité. Au bout du compte, les gens feront ce que bon leur semble et cela, je ne peux pas vraiment le contrôler. En définitive, j’ai foi en D.ieu et en Son plan à mon égard, pas en l’homme.
Aish.fr Qu’est-ce qui vous a inspiré à devenir plus religieux à l’origine ? Et qu’est-ce qui continue à vous inspirer aujourd’hui ?
Matisyahou : Je me suis engagé dans la voie du Judaïsme par le biais de la prière. J’ai commencé à prier parce que je me sentais coincé. J’étais pris au piège et il me fallait une échappatoire. Je me trouvais à un stade où je me sentais extrêmement seul. J’avais besoin de D.ieu. J’avais besoin d’aide, j’avais besoin d’amour et je ne savais pas comment l’obtenir, alors je me suis mis à prier. Et de manière très tangible, mes prières furent exaucées. C’est ce qui m’a conduit à découvrir le Judaïsme et à adopter certains comportements qui revêtaient du sens à mes yeux. A un certain stade, je suis devenu « religieux » ; j’ai en quelque sorte abandonné mon ancien Moi, celui qui me conduisait dans une voie négative, et duquel je devais absolument prendre du recul. J’ai senti que j’avais besoin de me conformer à ce que j’étudiais afin de pouvoir grandir.
Aujourd’hui, j’incorpore ma propre individualité et ma propre pensée dans ma pratique du Judaïsme.
A l’époque, je pensais que c’était tout ce qu’il me fallait, mais toute démarche d’engagement sincère dans le Judaïsme évolue et mûrit. Aujourd’hui, j’incorpore ma propre individualité et ma propre pensée dans ma pratique du Judaïsme et je réaffirme un certain élément qui me caractérisait au début de ce procédé, assimilant ce désir brut de parler à D.ieu en qualité et non pas simplement en quantité. 
Parler à D.ieu par amour et par douleur, et non pas simplement par habitude ou conformisme. La prière, mon leitmotiv originel, constitue toujours une source majeure d’inspiration pour moi aujourd’hui comme ce l’était au début de mon parcours.
Aish.fr Comment vos parents ont-ils réagi en vous voyant devenir religieux ? Quel impact votre parcours spirituel a-t-il eu sur eux et sur votre relation avec eux ?
Matisyahou : Ils n’étaient pas ravis de constater que je délaissais un certain aspect de ma personnalité. Il y avait de la crainte, mais j’étais confiant. J’avais foi en D.ieu. Puis j’ai découvert la prière et la profondeur de la Torah et je me suis identifié à une source jaillissante de spiritualité qui a sans aucun doute inspiré et modelé ma vie et ma musique. De nombreux aspects de ma pratique spirituelle sont le résultat direct des 10 dernières années durant lesquelles j’ai entrepris mon parcours de Baal Téchouva. Par-dessus tout, je sais que D.ieu est bon. Je l’aime énormément et par conséquent, je suis persuadé que c’est la raison pour laquelle ma relation avec mes parents est aujourd’hui plus forte que jamais.
Aish.fr Prévoyez-vous de vous produire en Israël dans un futur proche ? Quelle a été votre expérience préférée en Israël à ce jour ?
Matisyahou : Je suis certain que nous serons de retour en Israël dans un futur pas trop lointain. L’une des expériences les plus extraordinaires que j’ai connues en Israël furent les 10 jours consacrés à la production de mon CD l’année passée. Nous avons réuni tous ces musiciens dont mon cher ami Danny Zamir, qui a commencé à devenir Baal Techouva pratiquement en même temps que moi. J’ai amené avec moi mon producteur Kojak, qui n’est pas Juif et n’était jamais allé en Israël. 
Voir comment Israël affecte tout le monde, comment le paysage impacte la création du CD a été une expérience indescriptible. Tellement d’énergie fut consacré à ce disque, de la part de personnes tellement différentes, qui mettaient chacun du leur d’une perspective différente ! Et tout cela au cours des 10 jours que nous avons passés en Israël... J’espère que la magie d’Israël sera flagrante lorsque les gens écouteront le disque.

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