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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 13:37


André Agassi raconté par Marie Rémond, Marivaux sublimé par la troupe de la Comédie-Française, Tchekhov revisité par Arthur Nauzyciel, le Nouveau Roman réécrit par Christophe Honoré ou l'art du clown réinventé par le Russe Slava Polunin... En attendant les créations de l'automne, voici de quoi trouver son bonheur au théâtre.
 
André *****
© Mario del CurtoAndré, © Mario del CurtoC'est la bonne surprise du dernier festival off d'Avignon. Marie Rémond s’inspire de l’itinéraire d'André Agassi pour dresser le portrait d’un homme qui n’a pas choisi sa vie. Chaque saynète évoque un moment de l'existence tourmentée du champion sur et en dehors du court. Surtout en dehors, où André est entouré de coachs qui décident tout pour lui, jusqu’à la femme qu’il doit épouser. Le tennisman sous cortisone exprime ses douleurs physiques et sa souffrance psychologique, la peur de mettre un point final à cette première vie qui n’est pas vraiment la sienne, en même temps que l’impatience de tourner la page, de tuer Agassi pour devenir André. Drôle et émouvant, ce joli spectacle pose la question de la notoriété, du décalage entre l'homme et le personnage public. Une interrogation qui touche le comédien : le sportif, comme l’acteur, est en représentation. Que donne-t-il à voir de lui-même, de ce qu’il est réellement, profondément ? Au pays des winners, André incarne une anomalie bien plus grande qu’un looser : un winner qui doute.
Le jeu de l'amour et du hasard ***** 
© Comédie-FrançaiseLe jeu de l'amour et du hasard, © Comédie-FrançaiseComme souvent chez Marivaux, le jeu de dupes tourne à l’imbroglio amoureux : les maîtres déguisés en valets tombent amoureux l’un de l’autre et pareil pour les domestiques. Le metteur en scène bulgare Galin Stoev force le trait, mais ce n’est que du bonheur de rire de bon cœur à ces jeux de l’amour où chacun envisage très sérieusement de franchir l’interdit de la mésalliance pour vivre une passion partagée. L’occasion aussi d’applaudir à deux mains l’éblouissant couple formé par Suliane Brahim (Lisette) et Pierre Louis-Callixte (Arlequin) qui, raides dingues l’un de l’autre, sont impayables lorsqu’ils se comptent fleurette dans un langage châtié singeant celui de leurs maîtres. Un grand moment de théâtre, et un succès de plus à l’actif de la superbe troupe du Français. 
La mouette ***** 
DRLa mouette, DRN'en déplaise à certains, en choisissant l’esthétique des mystères chers à l’expressionnisme du cinéma allemand (Metropolis de Fritz Lang ou Nosferatu de Murnau), Nauzyciel a imprimé à jamais sa mise en scène dans la légende des grandes œuvres qui marquent l’histoire de la Cour d’honneur. Découverte au dernier festival d'Avignon, sa Mouette peut se lire comme l’objet d’un seul parti pris : irriguer toute la pièce à l’unique source du talent de Treplev, personnage cruellement suicidé par Tchekhov sur l’autel de l’art. La geste onirique conçue par le metteur en scène rend compte des intuitions de l’artiste. Entre le bal masqué où chacun se coiffe d’une tête de mouette et l’épopée jouée par des personnages qui sont autant d’âmes mortes, cette Mouette s’avère une tragi-comédie austère et le plus bel hommage jamais rendu aux fulgurances du visionnaire Treplev.
La mouette, mise en scène d'Arthur Nauzyciel, du 25 au 27 septembre au Centre dramatique d’Orléans. Du 16 au 20 octobre, au TNBA à Bordeaux. Puis en tournée, en tournée Clermont Ferrand, Tarbes, Valenciennes, Vire, Reims, Saint Quentin en Yvelines, Nice, Lorient et Créteil, jusqu’au 27 avril 2013.
22h13 (ce titre est susceptible d’être modifié d’une minute à l’autre) *****
© Pierrick Sorin22h13, © Pierrick SorinDans 22h13, le vidéaste Pierrick Sorin pousse le vice nombriliste jusqu’à mettre en scène sa propre activité créatrice. Mais il le fait par l’intermédiaire du comédien Nicolas Sansier, un alter ego au diapason de l’humour du vidéaste, mélange de nonchalance à la Droopy et de fantaisie à la Méliès. Il transpose donc son atelier sur scène et dévoile quelques secrets de fabrication de ses installations. Secrets parfois un peu minables, comme celui des "dégoulinures", qu’il obtient en faisant couler de la… peinture. La plupart du temps, Nicolas Sansier se filme sur fond bleu pour se dédoubler sur les écrans, une incrustation qui lui permet d’endosser divers costumes : chanteur, psychanalyste ou banquier. Sorin ne s’épargne pas dans cet autoportrait drôle et caustique. Avec lui, l’image romantique de l’artiste en prend un coup. Et c’est tant mieux. 
Nouveau Roman ****  
© Christophe Raynaud de LageNouveau Roman, © Christophe Raynaud de LageAttention, il ne s’agit pas ici de théâtre documentaire, mais de théâtre « documenté ». Christophe Honoré a passé du temps en bibliothèque et a fait un montage habile des déclarations et textes des Nouveaux Romanciers. Il y a un côté « Le Nouveau Roman pour les nuls ». Pédagogique donc, et pop, grâce, notamment, à une distribution sexy qui ne se soucie pas de ressemblance ni de vraisemblance. Brigitte Catillon joue Michel Butor (présent en Avignon) et Annie Mercier, avec un look à la Simone Signoret, campe l’éditeur Jérôme Lindon. Anaïs Demoustier est une Marguerite Duras sans lunettes ni rides et Ludivine Sagnier est bien plus mignonne que la vraie Nathalie Sarraute. Après avoir vécu pendant plus de trois heures en leur compagnie, on est ému par leur vie et par leur mort –seuls Butor et Ollier sont toujours là. Créée au festival d'Avignon, la pièce fleuve accusait des longueurs et Honoré a promis de couper. S'il tient ses promesses, son gang d'écrivains a tout pour offrir l'un des meilleurs spectacles de la saison.  

Nouveau Roman
, mise en scène de Christophe Honoré, du 15 novembre au 9 décembre 2012, au théâtre de la Colline

Slava's Snowshow ****
© A. LopezSlava's snowshow, © A. LopezPassé l’enfance, les types qui chaussent du 64 et qui s’envoient des baffes ne font plus rire personne. Si Slava Polunin, fondateur du Théâtre Licedeï à Saint-Pétersbourg en 1968, échappe à la règle, c’est qu’il n’est pas un clown comme les autres. Porter toute la misère du monde sur ses épaules n’empêche pas d’avoir le sens de l’absurde. Slava's Snowshow est donc bien un spectacle de clown avec des vrais gags à l’intérieur et des moments de grâce. L’art de Slava Polunin repose sur presque rien : un mouvement de sourcils, un haussement d’épaules, un geste de la main. Et une manière hallucinante de se ratatiner pour éviter les embrouilles. Cette économie, on la trouve même dans les effets spéciaux. Les flocons de la tempête finale, bluffante, ne sont que des petits rectangles de papier, qui viennent se poser sur la tête des spectateurs. Shakespearien et enfantin.
 

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